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Dans les années 20-30-40, il n'existait aucun championnat
du monde des pilotes et des constructeurs. Le seul enjeu était
de gagner le maximum de course et de trophées prestigieux.
Les règles était très différentes.
Un pilote pouvait prêter sa voiture à un autre.
Jusqu'en 1932 il n'y avait pas de qualifications avec des
chronos pour définir les positions sur la grille de
départ. Les
places étaient souvent tirés au sort
!
Les pilotes étaient en général des "privés"
qui achetaient leur propre voiture de compétition.
Chaque véhicule était peints aux couleurs de
la nationalité du coureur : bleu pour les français
qui conduisaient souvent des "Bugatti" ou des "Delage",
vert pour les anglais qui avaient souvent pour montures
des "ERA", rouge pour les italiens sur leur
belles Alfa et Maserati, jaune pour la Belgique, blanc
pour les allemands sur Mercedes ou Auto Union. Les bolides
allemands ne porteront plus de couleurs à partir de
1935, et pour gagner du poids, laisseront leurs auto de course
en livrée métal, ce qui leur vaudra le surnom
de flèches d'argent dans la fin années
30.
C'est dans ce contexte que Louis Chiron devint pilote
de Grand Prix. Il s'est tout d'abord illustré depuis
1923 dans plusieurs courses de côte dans l'arrière
pays Niçois. En 1926 commence sa carrière en
circuit : il est sponsorisé par l'industriel Suisse
Alfred Hoffman qui possède une écurie de course.
Louis Chiron pilote une Bugatti 35. Il débute à
Miramas et se classe 2eme derrière Marcel lehoux, un
pilote Bugatti officiel. A Saint Gaudens, il signe sa première
victoire. Ettore Bugatti remarque le jeune champion à
Miramas en 1927 et le prend alors comme pilote de réserve.
A Brooklands, en Angleterre, le monégasque termine
4eme d'une course dominée sans partage par les imbattables
"Delages". En 1928, Louis Chiron est mis à
la porte de l'écurie d'Alfred Hoffman. Le pilote monégasque
était devenu un peu "trop intime" avec l'épouse
du riche industriel ! Qu'importe ! Chiron est désormais
pilote officiel de l'écurie Bugatti...
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LES
DÉBUTS DE LOUIS CHIRON
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Le
15 juillet 1927, Chiron dispute le grand Prix d'Allemagne
sous une chaleur suffocante. Les pilotes exténués,
sont obligés de se faire relayer, même le futur
vainqueur, Rudolf Caracciola. La course est endeuillée
par la mort de Junek, Louis Chiron a des problèmes
avec ses freins qui sont chauffés au rouge ! il termine
6eme mais il prendra une belle revanche au Grand Prix de San
Sebastian où il n'y a que des pilotes Bugatti au départ.
Tous de très haut niveau. Le leader "Divo"
abandonne et Louis Chiron attaque et dépose irrémédiablement
Robert Benoist.
En 1927, Louis Chiron s'installe définitivement parmi
les "très grands" : à Monza, le monégasque
pilote avec brio une Bugatti type 35 C. Dans une course épique,
suite à l'abandon de Williams, il s'impose magistralement
devant Achille Varzi sur Alfa et Tazio Nuvolari
sur Bugatti. Cette course est malheureusement endeuillée
par le tragique accident de Materassi dont la talbot
est catapultée dans la foule, tuant 22 spectateurs.
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Bugatti
Type 51 - 1931
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Maserati
8C - 1931
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Alfa
P3 'Monoposto' - 1932
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Delage
- 1927
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UN
AUDITEUR PEU SPORTIF ! (ADOLF HITLER)
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Le
plus grand coup d'éclat de Louis Chiron eut lieu en
1929, et un 14 juillet en plus ! Le grand Prix d'Allemagne
se dispute sur le redoutable circuit du Nürburgring (presque
30 km de long !). au départ on trouve des Mercedes
SSK, dont celle du Grand Pilote allemand Rudolf Caracciola
et des Maserati, Alfa Romeo, Amilcar, Talbot et même
une Renault ! Des DKW, Hanomag, Fiat, Lombard et Imperia.
Dans le camp Bugatti, les trois 35 C sont confiée à
Bouriat, Philippe et Chiron. D'autres
Bugatti privées sont de la partie.
Caracciola est en tête pendant 4 tours avant
de casser son moteur. Les autres pilotes Mercedes ne sont
de taille à lutter contre les agiles Bugatti. Louis
Chiron prend la tête et ne la laisse que le temps d'un
ravitaillement à Bouriat. Il s'impose avec plus de
12 minutes d'avance sur Philippe et s'offre même le
record du tour ! La première Mercedes est à
plus de 14 minutes ! On raconte qu'Adolf Hitler, alors
dans l'opposition, se rendait au circuit en conduite intérieure
équipée d'un TSF et qu'il éoutait la
retransmission du Grand Prix. Il était persuadé
qu'un allemand triompherait sur Mercedes et souhait se rendre
sur place pour féliciter le futur vainqueur. Sentant
Chiron et sa Bugatti sur le point de triompher, il ordonna
à son chauffeur de faire demi-tour !
Louis Chiron, l'élégant pilote au foulard
rouge à pois blancs est alors au sommet de son
art. Il triomphe de nouveau cette année là en
espagne au terme d'un grand Prix interminable (près
de 6 heures de course).
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LE
GRAND PRIX DE MONACO 1931
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En
1930, les bugatti sont encore très compétitive
et Louis Chiron reste fidèle à la marque
de Molsheim. Cependant, cette année là,
Louis Chiron doit s'incliner devant un jeune qui monte,
René Dreyfus, sur une 35 B privée. Ce dernier
lui mènera encore la partie dure lors du Grand
prix de Monaco 1931.
Pour la circonstance, Ettore Bugatti, pressé par
son fils Jean, a sorti un nouveau modèle, la
type 51, qui se caractérise par son double
arbre à cames en tête.
Le Grand Prix de Monaco 1931 a bien faillit être
une course monomarque : 23 voitures sont au départ,
dont 16 Bugatti. 4 sont des
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voitures d'usine, des type 51 que pilotent le monégasque
Louis Chiron, l'italien Achille Varzi ainsi que
les français Divo et Guy Bouriat. La véritable
opposition vient en fait des Maserati 8C 2500 avec les
pilotes René Dreyfus et les deux italiens
Luigi Fagioli et Clemente Bondietti. Rudolf
Caracciola dans son énorme Mercedes SSKL (Super
Sport Courte Légère) n'a pas l'ombre d'un
chance. sa Mercedes porte une abréviation trompeuse
: elle n'est ni courte ni légère, c'est
une voiture surdimensionnée pour les montagnes
russes de "Monaco". la victoire se jouera
entre les bleus de Molsheim et les rouges de Modène.
René Dreyfus attaque en tête la montée
de Sainte Dévote avant d'être doublé
par Williams sur sa Bugatti. Mais la rupture soudaine
d'un ressort de soupape stoppe net la chevauchée
de l'anglais vainqueur du Grand Prix en 1929. Achille
Varzi et Caracciola prennent René Dreyfus
en chasse et Varzi parvient à dépasser
le Français au 7eme tour. Caracciola et sa Mercedes
commencent à avoir de sérieux problèmes
et l'embrayage du bolide blanc cède au 53 eme
tour. Louis Chiron, assez discret depuis le début
de la course commence alors son festival : il regagne
peu à peu du terrain et bat même le record
du tour de 1930, imité un peu plus tard par Luigi
Fagioli. il dépasse tous ses adversaires et les
dépose littéralement ! L'enfant du pays
termine la course avec près de 5 minutes d'avance
! Jean Bugatti, le fils du patron, ne peut contenir
sa joie et saute la murette des stands pour tomber dans
les bras de Louis Chiron. Pour le monégasque,
c'est une véritable consécration.
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VICTORIEUX
SUR SON ALFA DEVANT LES FLÈCHES D'ARGENT
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1934
est une année charnière. Chiron a quitté
Bugatti pour Alfa Romeo depuis 2 ans.
Mais les voitures allemandes s'apprêtent à
dominer sans partage les circuits européens avec
les Mercedes et Auto Union. Cette année
là le Grand Prix de France se déroule
à Montlhéry. 500 km de course avec en
face de lui trois Mercedes W25 (Von Brauchitsch,
Fagioli, Carraciola) et deux Auto Union type
C (Stuck, Momberger). Il y a aussi deux Maserati
et 3 Bugatti 59.
Luigi
Fagioli, grand rival de Louis chiron
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C'est
le départ. Louis Chiron est survolté
! Placé en 3ème ligne sur une grille
encore tiré au sort (!), il se porte en
tête dès les premiers mètres
de course, doublant coup sur coup Caracciola,
Momberger, Stuck et Varzi ! A la fin du 2eme
tour, Stuck vient de passer devant Caracciola
et Fagioli mais Louis Chiron est toujours devant
tout le monde. Stuck parvient à doubler
le français au 3eme tour. Il cède
sa place lors du ravitaillement au 10eme. Chiron
est à nouveau leader et le restera jusqu'au
bout. Le pauvre Luigi Fagioli qui s'accroche à
lui, sort de la route et endommage sa Mercedes
W25. Dans les années 34-39, c'est la dernière
victoire significative des italiennes sur les
voitures allemandes, mis à part l'exploit
historique que Tazio Nuvolari réalisera
un an plus tard, au Grand d'Allemagne. Désormais,
pour gagner des courses, il faudra piloter des
flèches d'argent !
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En
1936 Louis Chiron signe avec Mercedes. de 1936 à
1939 il est le seul non allemand titulaire. Il ne gagnera
malheureusement plus aucun Grand Prix jusqu'au début
de la guerre. Au Grand prix d'Allemagne 1936, Louis
Chiron navigue entre la 4eme et la 5 eme place lorsqu'il
sort soudain de la route à 250 km/h. La Mercedes
se retourne et le blesse grièvement. On ne le
retrouvera en course qu'en 1937. Ses résultats
seront malheureusement moins probants. Après
quelques essais infructueux chez Auto Union, Louis Chiron
quitte les circuits. On ne le reverra qu'après
la guerre.
L'après-guerre
ne sera pas la plus belle période de la carrière
de Louis Chiron. Mais Louis "le perfectionniste"
aime trop la course pour raccrocher comme l'a pu faire
René Dreyfus. Lui et Achille Varzi, son ami et
rival se retrouvent lors du Grand Prix de Suisse
en 1948. Chiron et Varzi sont de vieux
"vétérans" et leurs adversaires
sont souvent même trop jeunes pour les connaître
! Louis suit Achille alors que l'élégant
italien fait un contre braquage. Mais dans ce virage
que les deux amis ont pris des centaines de fois, Varzi
part à la faute. Il percute les barricades de
bois qui longent la sortie du virage. Varzi ne porte
qu'un serre-tête alors que d'autres ont sagement
choisi de porter un vrai casque. Louis Chiron s'arrête
pour secourir son ami. Mais il est trop tard. L'italien
a été tué sur le coup. Avec la
mort de son rival d'avant-guerre, Chiron pleure les
plus beaux moments de sa carrière, lorsque jeune,
il triomphait sur tous les circuits d'Europe.
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Cette
année là, "Monsieur Louis",
comme on l'appelle désormais, gagne son
ultime épreuve majeure sur un circuit.
Il a presque 50 ans lorsqu'il bat à
Reims, la Ferrari de Whitehead et la Maserati
de Bira après une lutte acharnée.
Le monégasque continuera à courir
jusqu'à 56 ans en Grand Prix et il dispute
même une dernière course de côte
à l'âge de 59 ans sur Porche 356
avant de raccrocher définitivement en 1958.
Son palmarès, riche de 14 Grands Prix,
en fait l'une des grandes figures du sport automobile.
Sur ses vieux jours, Chiron s'est fait plus affable
que du temps de sa splendeur, ou il se montrait
souvent ombrageux. On ne le
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A
près de 56 ans, Louis Chiron (avec le bonnet)
participe à son ultime grand prix en 1955
à monaco, au milieu de pilotes bien plus
jeunes !
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verra plus qu'en blazer mais toujours avec...
un foulard rouge à poix blancs
! Il s'éteignit là ou il naquit
: à Monaco, le 22 juin 1979, âgé
de presque 80 ans. Ainsi s'achevait le parcours
étonant d'un champion à la carrière
incroyablement longue et fertile...
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