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DEPART
POUR LA CHINE
C'est
en septembre 1941 que Gregory Boyington, alors jeune officier,
rejoignit le groupe des volontaires Américains en partance
pour la Chine, prenant place dans le troisième et dernier
détachement. financées par des investisseurs
privés, ces opérations mises en place dans le
plus grand secret avaient un parfum d'aventure qui ne pouvait
que le séduire.
Il reçut ensuite une formation draconnienne sous le
commandement du capitaine Curtiss Smith, un officier respectueux
des règles dont Boyington ne garda pas un très
bon souvenir. Peu après ils embarquèrent sur
un navire effectuant une ligne régulière entre
San Francisco et le port de Batavia, à destination
de Java en Indonésie.
Personne ne savait pas alors que les Etats Unis allaient entrer
en guère contre le Japon.
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Après une traversée bien agitée, parsemées
de bagarres, beuveries et jeux de cartes, le groupe arriva
au nord de l'ile de Sunda, dans la mer de Java. Pour cacher
la nature de leur voyage aux éventuels espions japonais,
les volontaires américains avaient de faux passeport
et se déguisaient parfois : Gregory Boyington était
habillé d'une soutane afin de passer pour un missionnaire
! Cela ne fit guère illusion car le comportant outrancier
de Boyington attira l'attention de véritables missionnaires
qui démasquèrent la supercherie ! Scandale à
bord du navire ! Leur périple les entraina d'Honolulu
vers Java, Batavia et enfin Singapour. C'est là qu'il
firent la connaissance du sultan de Johore, dont l'activité
principale était le transport de caisses de Bourbon,
premier d'une longue liste de personnages hauts en couleur
rencontrés durant son périple en Asie.
Puis vint le temps du départ pour Rangoon, en Birmanie,
où il atterrit en novembre 1941. Son groupe débarqua
dans un centre d'entraînement en plein coeur de Burma,
non loin de Mandalay, et prit le train pour se rendre à
Toungoo, où les avions les attendaient. Sur place commença
alors une longue et pénible attente de six mois sans
aucun soutien logistique.
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Où
se trouve la Birmanie ?
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Où
se trouve Kunming ?
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BOYINGTON
CHEZ LES TIGRES VOLANTS
Boyington
y rencontra une future figure de l'histoire de l'aviation
américaine, le colonel Claire Chennault, alors
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Les
tigres volants peint par Robert Taylor
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agé
de 50 ans, et commandant en chef de leur escadrille.
Dès le 1er décembre 1941, une centaine de chasseurs
Curtiss P 40 furent convertis en appareils de guerre. L'escadrille
fut surnomés "les Tigres volants" en raison,
étrangement, d'une tête de requin qui fut peinte
sur la partie avant du fuselage en soubenir d'une photo extraite
d'un magazine. Malgré son experience de pilote, Boyington
dut suivre une formation de vol pour affiner sa connaissance
de ce type d'appareil. Après trois mois d'inactivité,
il put enfin affectuer sa première sortie.
Le 7 décembre 1941, ils furent placés en état
d'alerte au moment de l'attaque de Pearl Harbor. Ils se rendirent
à Kunming, un lieu plus abrité pour se défendre
d'éventuelles attaques ennemies.
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Les
premiers affrontements avec les chasseurs japonais, les fameux
"Zero", ne tardèrent pas à débuter.
Les "zero" surclassaient aisément les appareils
américains ainsi que les Spitfire de la RAF dont l'escadrille
fut presque entièrement détruite en quelques
jours. Rangoon fut dès lors régulièrement
bombardée et deux pilotes du groupe de Gregory Boyington
furent abattus. Néanmoins ils récoltèrent
quelques victoires et Duke Hedman, issu du troisième
groupe, surnommé "Hell's Angels", fut le
premier As américain de la seconde guerre mondiale.
Il abattit au total 5 avions japonais le même jour !
C'était le 25 décembre 1941. Le
2 février 1942, Gregory Boyington effectua une sortie
avec son groupe pour tenter de repousser les bombardiers ennemis
et obtint sa première victoire personnelle, mais cette
mission se termina assez mal pour lui puisqu'il reçut
une balle dans le bras. C'est alors qu'il fit la connaissance
de deux ecossais, Bill adams et Bill Tweedy, qui travaillaient
dans le pétrole, en Birmanie, depuis quelques années.
Les deux invitèrent Boyington et six autres pilotes
à loger gratuitement dans leur résidence. Un
lien d'amitié sur fond de guerre se noua entre eux.
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Claire Chennault, lorsqu'il était
dans la patrouille acrobatique américaine
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En
février 42, alors que la guerre battait son plein, ils
profitaient, entre leurs missions, de tous les conforts de leur
nouvelle résidence : des domestiques, des chambres individuelles
et une nourriture choisie ! Boyington abattit peu après
un Zéro I-97 puis deux autres appareils ennemis mais
son groupe quitta Rangoon devant la tournure inquiétante
prise par les événements, et l'hostilité
que leur témoignaient les habitants. Ils s'envolèrent
en mars 1942 pour Magwee puis Mandalay avant de rejoindre Kunming.
En avril, il revint à Kunming et retrouva le colonnel
Chennault pour escorter un groupe de bombardiers russes pilotés
par des chinois allant bombarder Hanoi et Haiphong, en Indochine
chinoise.
Lors d'une bataille aérienne au dessus de Kunming,
Boyington s'écrasa en raison du mauvais état
de son appareil. Le médecin militaire ne diagnostiqua
aucune blessure corporelle mais lui imposa d'arrêter
de boire sous peine de mourrir prématurément
de l'abus d'alcool !
Durant l'aventure des Tigres volants, Gregory Boyington avait
abattu 6 avions japonais, |
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seul
trois de ces victoires lui seront crédité.
Il faut dire que les pilotes De cet escadrille étaient
des mercennaires et qu'ils étaient rémunérés
en grande partie au nombres d'avions abattus.
RETOUR
AU PAYS
En
juillet 1942, prés d'un an après avoir
quitté son pays natal, il rentrait sur un bateau
à destination de New York pour être incorporé
dans les Marines. Les services administratifs de l'armée
lui demandèrent de retourner chez lui en attendant
une affectation. Pendant deux mois, afin de gagner
sa vie, il reprit son ancien travail de gadien de
voitures, payé moins d'un dollar de l'heure,
qu'il vait tenu huit ans auparavant. Il reçut
finalement son ordre d'affectation en janvier 1943
à Espiritu Santo, une île sur laquelle
était situé une base arrière
américaine à l'éccart des bombardements
japonais. Pendant 4 semaines il va piloter des chasseurs
Wildcats pour escorter une escadrille de bombardier
sur diverses îles, de Guadalcanal à Bougainville,
sans voir le moindre japonais. Puis Boyington partit
se détendre en Australie où l'alcool
et les femmes de petite vertue lui permir de prendre
du bon temps, lui et ses compagnons.
LA
NAISSANCE DES "BLACK SHEEP"
Le
retour en service se passe mal. Il est confiné
à des taches administratives pour l'ensemble
des escadrilles. Cette fonction peu gratifiante fit
germer dans son esprit une idée qu'il soumit
au colonnel "Sandy" Sanderson dont il reçu
l'approbation : former une escadrille avec les pilotes
et les avions mis en réserve ou non utilisés
pour diverses raisons.
Boyington se mai donc en quête de pilotes pour
créer sa propre escadrille. Il se souvint de
plusieurs jeunes pilotes rencontrés depuis
son séjour dans le Pacifique ainsi que trois
pilotes de l'escadrille 122 (John Bergert, Bou Bourgeoise
et Stan Bailey) qui convenaient parfaitement à
ses desseins malgré leur inexpérience
au combat.
Ils s'entrainèrent pendant trois semaines durant
lesquelles une relation complice s'installa entre
Boyington et ses hommes qui le surnomèrent
"Pappy" en raison de son âge (il avait
une trentaine d'année alors qu'ils avait entre
19 et 22 ans). Le nombre 214 fut affecté à
leur escadrille, baptisé "Boyington's
Black Sheep" (les moutons noirs de Boyington).
Les ennuis commencèrent pour eux lorsque le
colonnel sanderson fut remplacé par le colonnel
Lard, un officier que Boyington avait connu alors
qu'il était simple cadet à Pensacola.
respectueux à l'extrême du code militaire
et de la discipline, ce dernier lui imposa d'arrêter
de boire sous peine d'intenter contre lui une action
disciplinaire. Les deux hommes se détestaient
cordialement mais Boyington finissaient toujours,
selon ses dires, par avoir le dernier mot.
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L'escadrille
fut équipée de 20 Corsair (sur
lesquels ils n'avaient que trente heures de
vol) et s'envola ensuite pour les îles
Russell où une première mission
leur fut assigné le 16 septembre 1943
à 7 heures du matin. Boyington dormit
mal la nuit précédente car il
craignait d'échouer en raison du manque
de préparation de ses pilotes. Les autres
unités bénéficiant d'une
préparation de plusieurs mois. Ils escortèrent
50 bombardiers pour une mission d'attaque sur
Ballale, une petie île fortifiée
à l'ouest de Bougainville. Après
s'être égaré dans les nuages,
ils trouvent la trace des bombardiers au moment
même ou une quarantaine de zeros surgissent.
Gregory Boyington abat quatre appareils ennemis
et l'escadrille, faute de carburant, rentre
à Munda En Nouvelle-Georgie. Sur le chemin
du retour, Il porta assistance à un pilote
attaqué par des avions ennemis, et dont
le Corsair avait été endommagé,
détruisant deux autres Zeros à
cette occasion. Le statut de l'escadrille fut,
dès lors, validé par l'état
major, ainsi que son appelation.
Les "Black Sheep" étaient nés
! |
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Pappy
Boyington en discussion avec un méccano.
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Sur
le taxi way avec la mascotte de l'escadrille
au premier plan.
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Décollage
du Corsair FAU-1D de Boyington depuis
l'île de Vella La Cava.
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QUI
ES-TU "PAPPY BOYINGTON" ?
Très
éloigné du personnage de la série
télévisée "les
têtes brulées" interprété
par Robert Conrad, tu es un personnage complexe.
Avant la guerre tu étais gardien de voitures,
et c'est à l'armée que découvre
la passion du pilotage, le goût de l'aventure
et de l'alcool. Détesté par tous
hommes de bonne éducation, tu laisses
partout où tu passe des traces indélébiles
: fêtes, parties de cartes interminables,
franches rigolades, beuveries et spectaculaires
bagarres.
Tu as fait à peu près tout pour
mourrir jeune : multiples crash, blessures,
bagarres et une année et demi de détention
dans les camps japonais. Une traversée
du désert de plusieurs années
suivra la guerre. Tu as vendu des timbres, des
contrats d'assurances et sera été
arbitre de lutte pendant 4 ans. Et puis merde
! Stop la galère ! Tu reprends ta vie
en main pour vivre de ce que tu sais le mieux
faire : piloter - En 1958 tu racontes ta vie
dans un livre et cette initiative assurera ta
célébrité : un jour de
1976 un certain Stephen Cannell t'appelle pour
adapter l'histoire de ta glorieuse escadrille
à la télévision !
Toi qui a tout fait pour mourir jeune, tu vivras
vieux, pour finalement tirer ta révérence
à 76 ans, dans ton lit, le 11 janvier
1988. Tu laissera derrière toi l'image
d'un homme à la fois insupportable et
charismatique dont la vie a été
une suite de bon coup et de grosses galères.
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