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Dimanche
5 juillet 1953
Le
Grand Prix de France a lieu à Reims.
Très bientôt 18 ans, le BAC en poche depuis 48 heures,
mon père décide de m'emmener voir le Grand Prix à
Reim avec mon meilleur copain... Habitué de Montlhery, alors
en déclin, je n'imaginais pas que nous allions assister à
la course du siècle.
Toutes mes idoles était là : Farina, champion du monde
en 1950, Fangio en 51 avec sa chemisette et son casque brun, Ascari
champion en 1952 et beaucoup d'autres... Ils étaient 25 dont
"le gros" Gonzales" dit le "buffle d'Argentine"
ou "taureau de la Pampa" et un jeune anglais, Mike Hawthorn
reconnaissable à son blouson de daim vert et son noeud papillon,
ornement qui deviendra célèbre à compter de
ce jour...
Dès le départ, le ton est donné par le départ
"canon" de Gonzalès qui carracolle en tête
avec déjà 5 secondes sur Hawthorn au 10e tour ; Fangio
est relégué à la sixième place à
plus de 10 secondes !
Tout va changer à la mi-course avec le ravitaillement de
Gonzalès qui était parti avec un réservoir
à moitié plein et qui se retrouve sixième alors
que fangio est passé en tête suivi de Hawthorn à
cinq dixièmes.
C'est là que débute un chassé-croisé
hallucinant qui verra un changement de leader presque à chaque
tour. Quel spectcle extrordinnaire de voir les bolides dévaler
la côte de Soissons, puis debout sur les freins, les pilotes
au gros coeur attaquer le virage de Thillois à 2, voire à
trois de front, quelquefois un peu de travers.
C'est d'ailleurs un petit dérapage dans le dernier virage
qui vaudra à Fangio de terminer deuxième à
1 seconde, après plus de 2h44' de course, avec seulement
4 dixièmes d'avance sur Gonzalès qui revenait en trombe.
C'est ainsi que Mike Hawthorn devint célèbre en gagnant
"la course du siècle" comme l'appelèrent
bon nombre de spectateurs et de journalistes. Personne ne s'y était
trompé : le jeune anglais allais lui aussi devenir champion
du monde quelques années plus tard.
Après presque cinquante ans, je revois ces images avec ravissement
!
Témoignage
de Christian Mathieu
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Le
virage de Thillois avec l'auberge de la Garenne en arrière-plan
:

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"...Quel
spectacle extrordinnaire de voir les bolides dévaler la côte
de Soissons, puis debout sur les freins, les pilotes au gros coeur
attaquer le virage de Thillois à 2, voire à trois
de front, quelquefois un peu de travers..."

La
Masseratti de Fangio
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