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Santos
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Mignet
SANTOS-DUMONT,
Le "père de l'aviation"
Le
père de l'aviation, tel est le titre qui est donné
à Santos-Dumont dans une plaquette éditée au
Brésil en 1956, à l'occasion du cinquantenaire du
vol célèbre de Bagatelle du 23 octobre 1906.
L'intérêt affectueux que je porte au Brésil
me permet d'exprimer la surprise que l'auteur de la plaquette, M.
Henrique Dumont Villares, ait cru devoir contester l'envol de Clement
Ader avec l'Eole le 09 octobre 1890 et passer sous silence le grand
pionnier français Charles Renard, qui, en collaboration avec
Krebs, conçut, construisit et expérimenta le premier
dirigeable qui, parti de Chalais-Meudon effectua un circuit et revint
au point de départ le 09 août 1884.
Un
pionnier prestigieux
Le
rôle joué par Santos-dumont dans le développement
de l'aviation naissante est tellement considérable qu'il
me parait inutile d'essayer de le grandir par de tel moyens.
J'ai eu la chance de me trouver à Rio-de-Janeiro le 23 octobre
1956 et j'ai pu, de ce fait, assister aux grandioses cérémonies
qui avait été organisées pour rendre hommage
à Santos-Dumont, du fameux vol du 14 bis à Bagatelle.
A 16 heures, tous les avions présents sur les aérodromes
de la région de Rio, civils et militaires, ont pris l'air,
y compris la réplique du 14 bis qui avait été
exposée dans l'aérogare de l'aérodrome des
lignes intérieures brésiliennes, et qui porte le nom
de Santos-Dumont.
Un impressionnant défilé aérien eut lieu au
dessus de la plage de Copacabana, et dans la soirée le souvenir
de Santos-Dumont fut exalté à l'issue d'un grand dîner
officiel.
La
tête dans les nuages
Santos-Dumont
était le fils de Henri Dumont, ingénieur, descendant
de français qui s'étaient fixés au Brésil,
et de Madame Francisca de Santos.
Il vit le jour le 20 juillet 1873 dans le district de Joao Aires
(État de Minas Gerais) où son père avait entrepris
les grands travaux de constructions du chemin de fer central du
Brésil.
Il vint ensuite avec ses parents à Ribeirao Preto, dans l'état
de Sao-Paulo où, dans la grande propriété Dumont,
on cultivait le café, et ou il passa la plus grande partie
d'une enfance heureuse.
Sa lecture préférée était celle des
œuvres de Jules Verne, et il fut très tôt un observateur
attentif du vol des oiseaux, en particulier des "Urubus",
les vautours que l'on voit planer dans le ciel Brésilien.
Ses jouets préférés étaient les cerfs-volants,
les "perroquets" en papier de soie que l'on voit encore
de nos jours sur la plage de Copacabana.
Sa vocation aéronautique fut définitive quand, étant
encore étudiant à l'École des Mines de Ouro
Preto, il assista à une ascension en ballon à Sao
Paulo; il était alors âgé de 15 ans.
Paris
et l'envol du jeune Alberto Santos Dumont
Il
vint avec ses parents à Paris en 1890, et c'est dans cette
ville qu'il vit pour la première fois un moteur à
combustion interne, en visitant avec son père une exposition
de machines. Il fut fasciné par l'aspect compact du moteur
et son poids réduit par rapport à la puissance : il
s'agissait d'un moteur à essence d'un cheval à peine.
Le père de Santos-Dumont, définitivement convaincu
de la vocation de son fils pour la mécanique, prit la décision
de le confier à des parents résidant à Paris,
ce Paris qui devenait le haut-lieu de l'aviation mondiale. Le jeune
Santos-Dumont manifesta très rapidement un ensemble de qualités
véritablement étonnantes, mise au service de sa passion
du vol.
L'audace qui le caractérisait ne se manifestait pas seulement
en affrontant les risques des machines volantes qu'il concevait,
construisait et essayait lui-même, mais également dans
les solutions que son imagination fertile apportait aux problèmes
du vol.
La confiance en soi, la persévérance lui permettaient
de franchir les obstacles et de surmonter les échecs dans
lesquels il ne voyait que des leçons à méditer
pour atteindre plus sûrement le résultat final.
Son intelligence très vive lui permettait d'appréhender
facilement les problèmes, qu'il étudiait à
fond pour arriver rapidement à des conclusions précises,
suivies de décisions immédiates.
Flying
gentleman
Il
était toujours très élégant, aussi bien
dans sa tenue vestimentaire que dans son comportement.
Son aspect frêle, il pesait 54 Kilos, ne permettait pas de
deviner, au premier abord, la volonté d'acier qui l'animait.
La pratique des sports, alpinisme, golf, tennis, automobile et autres,
lui permettait de se maintenir en forme non seulement au point de
vue physique, mais également dans la maîtrise de ses
nerfs.
Après avoir effectué quelque ascensions en ballon
libre, il devint rapidement pilote.
Charles Dollfus donne dans cette même revue les détails
techniques sur les nombreuses productions du pionnier brésilien.
La France et le Brésil ont rendu à l'illustre Brésilien
les hommages que méritaient ses exploits.
Les monuments de Saint-Cloud et de Rio-de-Janeiro ainsi que le musée
de Sao-Paulo témoignent de la ferveur du souvenir de se grand
pionnier dont les dernières années furent assombries
par des événements qui provoquèrent chez cet
être d'une très grande sensibilité un choc qui
ébranla profondément sa santé.
La
quête de la paix de l'âme
Ce
fut d'abord, au cours du premier conflit mondial en 1914-1918, l'utilisation
de l'avion à des fins de destruction, alors qu'il avait uniquement
vu en lui un moyen idéal d'évasion et de communication
entre les hommes.
Il y eut par la suite la catastrophe survenue à Rio-de Janeiro
le 3 décembre 1928.
Ce jour-là, Rio-de-Janeiro, au nom de tout le Brésil,
s'apprêtait à réserver au héros national
et, on peut le dire mondial, un accueil inoubliable.
Au moment ou le paquebot "Cap Arcona" sur lequel il se
trouvait franchissait la barre de Guanabara, un Hydravion dans lequel
avait prit place l'élite intellectuelle du Brésil
pour saluer à son arrivée au pays natal le "
père de l'aviation" s'abîmait dans l'océan
à proximité du navire.
Le choc fut terrible pour Santos-Dumont, qui ne devait pas se remettre
du chagrin causé par le coup du sort.
Il devait s'éteindre le 23 juillet 1932, après avoir
cherché, en vain, la paix de l'âme qu'il ne put trouver.
En hommage à ce héros de l'air, dans un angle du salon
d'honneur de l'École de l'Air du Brésil, au Campos
dos Affonsos, à Rio-de-Janeiro, dans une urne précieuse,
se trouve le cœur de celui qui continue à inspirer, par son
exemple, les générations de jeunes hommes qui lèvent
leurs yeux vers le ciel.
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En
1901, après s'être écrasé sur le restaurant
du trocadéro et avoir été sauvé par
des pompiers lors d'une précédente tentative, l'aéronaute
brésilien Santos-Dumont distribua aux nécessiteux
de Paris une grande partie du prix de 100 000 francs qu'il remporta
en accomplissant en moins de trente minutes un circuit aller et
retour de 11 km entre Saint-Cloud et la tour Eiffel. l'aéronaute
brésilien présentera par la suite ses petits dirigeables
à travers toute l'Europe.
Ballon
dirigeable motorisé
Flying gentleman
Découvrez le vol du 14 bis le 23 octobre
1906 au bois de Boulogne en cliquant ici
Assistez au décollage de la demoiselle
de Santos-Dumont en cliquant ici
Test du 14bis accroché à un dirigeable.
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