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"Tu
roules comme un Fangio !!!" Une petite phrase qui est resté
dans la langue française. Lorsque l'on vous dis ça,
c'est que vous conduisez comme un fou. lorsque l'on sait qui était
Juan Manuel fangio, on peut trouver cette phrase assez injuste :
Un homme intrépide, le roi du dérapage contrôlé
et du contre-braquage, c'est vrai... Mais aussi un homme intelligent
et prudent .
En fait, si l'on voulais être juste, il faudrait dire :"Tu
roules comme un Farina !" Le pilote italien, coéquipier
de fangio chez Alfa Romeo était vraiment un coureur bouillant.
Fangio disait de lui : "Farina est quelqu'un que je respecte
mais je ne l'admire pas. Nino Farina roule vraiment comme un fou,
il croit en la protection de la Madone, mais il doit savoir que
la Madone ne sera pas toujours à sa disposition !".
En 7 années de carrière
Fangio n'eut qu'un seul accident sérieux.
52 Grands Prix disputés, 24 victoires. 5 titres de champion
du monde. Lorsque le "Maestro" était au départ
d'une course, il y avait une chance sur deux pour qu'il gagne ! C'est
absolument stupéfiant. Voici quelque morceaux et témoignages
de la vie de Fangio, pour apporter un éclairage sur le plus
grand des "gentleman drivers".
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Un
coureur intelligent et prudent :
Grand Prix de Monaco 1950
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A
Monte carlo, en 1950 Fangio et farina démarrent en trombe
de leurs positions en première ligne et c'est l'Argentin
qui prend l'avantage dans le premier tour. Dans le deuxième
tour Fangio jaillit hors du tunnel an plein soleil, suivant le quai
à la hauteur du bureau de tabac. Il ne voit rien de ce qui
se passe au début de la ligne droite des quais. Quelque chose
cloche... En levant les yeux vers la foule agglutinée an
haut du quai Fangio remarque quelque chose de bizarre : les gens
ne le regarde pas arriver ! Ils ont le regard porté sur autre
chose... Ses pensées vont vers un album de photos qu'il parcourait
la veille à l'Automobile-Club de Monaco. il se souvient soudain
des images de la course de 1936 avec le dérapage et le crash
de quelques bolides à l'endroit même vers lequel il
fonce à 160 km/h !
Fangio freine brusquement pour s'arrêter avant le virage à
gauche. Il se trouve soudain au milieu d'un enchevêtrement
de 9 voitures crashées depuis 30 secondes. Lors du premier
tour, en effet, Nino Farina a dérapé sur une flaque
qu'il ne voyait pas dans la clarté du soleil. Le carambolage
des 8 poursuivants est inévitable... Heureusement, tous s'en
sortent indemnes ou presque. Il est impossible de passer mais Fangio
ne se démonte pas. Il déplace lui même l'une
des épaves pour se frayer un chemin. La route vers la victoire
s'ouvre alors devant lui.
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La
plus belle course du maestro :Nurburgring 1957
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Juan
manuel Fangio a conquis sa 5ème et Dernière couronne
lors du Grand Prix du Nurburging 1957 dans une course qui reste
légendaire. Cette
victoire, Fangio la doit
à ses immense qualités techniques et son sang froid
car la stratégie choisie n'avait pas été la
bonne. Il conduisait une maserati 250 F et ses concurrent les plus
sérieux étaient les jeunes Peter Collins et Mike Hawthorn,
tous deux sur Ferrari.
Le champion argentin savait qu'il devait impérativement faire
un arrêt pour changer de pneus alors que les ferraris pouvaient
quand à elles rouler "non-stop". Il ne prit donc
qu'un minimum de carburant pour faire la moitié de la course,
de manière à alléger sa voiture au maximum.
Mais il lui fallait creuser un écart significatif !
Lorsqu'il s'arrêta au 12 ème tour pour changer ses
pneus, Fangio avait 30 secondes d'avance mais son arrêt avait
presque duré 52 secondes. A priori, s'en était fini
des chances du coureur argentin. Mais c'était sans compter
son extraordinaire ténacité ! Les deux pilotes anglais
jouent la sécurité, pensant avoir course gagnée.
Quelle ne fut pas leur surprise, lorsque survint le 20 ème
tour de voir fondre sur eux ce diable de Fangio. Le maestro passa
d'abord peter Collins puis Hawthorn et gagna la course avec 3,6
secondes d'avance.
A la fin de cette course épuisante, Fangio déclara
qu'il avait fait des choses qu'il n'avait jamais osé auparavant
et qu'il espérait ne plus avoir à gagner une course
en prenant autant de risques !
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Le
témoignage de Karl Kling, un équipier de Fangio
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Évoquer
Juan manuel Fangio, c'est parler à mes yeux de celui qui
était le plus grand pilote mais aussi le plus sympathique
et loyal. Un équipier merveilleux et un sportif d'une grande
rigueur. J'en ai fait l'expérience. Rares était ceux
qui pouvaient se prévaloir d'une telle ouverture d'esprit
et d'une telle sportivité. Même à cette époque.
En Argentine, Juan Perón
était lui-même un mordu de sport automobile. Il apportait
un grand soutien à Fangio. Après l'avoir remarqué
à ses débuts (Fangio avait sa propre Chevrolet de
"Grand Prix", ce qui lui conférait une certaine
grandeur). Perón
avait très reconnu le talent de ce pilote et le soutenait
ardemment.
J'ai eu souvent l'occasion de rencontrer Fangio sur les circuits.
Une fois par exemple, j'étais plus rapide que lui au Nurburgring.
Il s'écarta, me laissant le champs libre. cela se reproduisit
à Monza. Là aussi Fangio répéta ce geste
sportif. Je ne pas en dire autant de beaucoup d'autres qui défendaient
leur place coûte que coûte.
Il arrivait donc ainsi que l'on se mesure l'un à l'autre
dans de vrais duels. J'avais sans doute un moteur mercedes un peu
meilleur que le sien en général et il fallait bien
ça, car du point de vue du pilotage, il était meilleur
que moi. C'est aussi simple que ça.
Pour toutes ces raisons, je ne peux facilement entendre de critiques
à son égard. Je ne peux qu'être loyal et honnête
envers quelqu'un comme lui.
J'ai eu beaucoup de chance. Souvent, avec Mercedes, j'avais un moteur
un peu meilleur que les autres : à l'époque il y avait
plus de différence entre les performances des mécaniques.
Fangio, lui, ne se préoccupait pas de ce genre de choses.
Il s'asseyait dans la voiture et était toujours satisfait
de sa machine. Jamais il n'aurait dit quelque chose du genre : "J'aurais
préféré d'autres amortisseurs pour cette course,
ou un autre étagement de vitesse". Juan Manuel s'asseyait
dans la voiture et la pilotait. Et pourtant, une fois sur deux,
il était plus rapide que tous les autres ! Il avait toujours
un petit plus dans tous les domaines. Il est vrai qu'il excellait
dans des domaines subtils comme les dérapages contrôlés.
C'était devenu une seconde nature chez lui. Moi-même,
j'en suis incapable et je déconseille ce genre de technique.
Un pilotage plus "standard" et classique me donnait les
meilleurs résultats. Fangio, quand à lui pouvait faire
des dérapage controlés ahurrissants et avait une faculté
extraordinaire de piloter "à la limite".
Personnellement, comme pilote, j'ai beaucoup profité de l'expérience
de le voir faire, il m'arrivait assez régulièrement
de me trouver derrière lui ! alors je regardais attentivement
sa technique. Je voulais apprendre de lui. C'était une expérience
exceptionnelle, rarement dangereuse.
Fangio et moi, je puis l'affirmer, étions bons amis. Il n'y
pas de pilotes, et j'en connais beaucoup, que j'ai plus respecté
et apprécié que Juan manuel Fangio.
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Monaco
1950 : l'hotel "Beau Rivage" en
arrière plan avec ses dômes bleus caractéristiques.
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Click sur l'image !
..."Fangio
et farina démarrent en trombe de leurs positions en première
ligne et c'est l'Argentin qui prend l'avantage dans le premier tour."

Fangio
passe en trombe sur les quais devant les épaves qui ont été
précipitament mise de côté.

Hawthorn et Collins échangent des regards inquiets en voyant
fondre sur eux le maestro qui bat régulièrement le
record du tour !

Départ de la course de 57 au Nurbürgring : Hawthorn
devance Collins et Fangio.

La
course est terminée.
Hawthron, très "fair play", à gauche, dans
sa Ferrari accompagne le maestro dans un tour d'honneur. Juan manuel
Fangio vient de conquérir son 5eme et dernier titre de champion
du monde.

Karl
Kling and Juan Manuel Fangio
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