Ce livre est disponible depuis le 10 novembre. Vous pouvez commander votre exemplaire en cliquant ici. Il est aussi diffusé chez les librairies suivantes : Boutique du Musée du Bourget, La Maison du Livre Aviation (Paris), la Boutique.aero (Blagnac/Toulouse), la Librairie mécanique (Lyon), la librairie Mollat (Bordeaux) et la librairie "Jeux de mots" (Cadillac). Le prix de vente est de 25 euros. Merci à tous ceux qui m'ont aidé à la réalisation du "Temps des Hélices en peinture", en particulier Nicolas de Print System et à Florence pour son aide si précieuse, à Bernard Chabbert pour l'intérêt qu'il a porté à mon travail.
Benjamin Freudenthal
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Le Peintre & le Conteur
Ou l'histoire d'une rencontre
La postface de Bernard Chabbert |
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Lorsque j'ai reçu les épreuves de ce livre de Benjamin, j'étais un peu dubitatif : l'histoire de l'aviation est riche de bouquins qui la racontent et la reprennent en tous sens.
Et puis j'ai tout de suite accroché aux illustrations. Un tableau est tout autre chose qu'une photo qui, pour être dotée d'une âme, doit être soit un document d'archives rare, soit une œuvre d'auteur. Un tableau, par définition, est doté d'une émotion fondamentale à partir de laquelle l'auteur a vécu, des heures durant, une aventure intérieure. Et dans le cas du travail de Benjamin, cette aventure intérieure l'a ramené, c'est évident, dans les postes de pilotage de ceux dont il raconte les histoires, afin d'en faire l'Histoire.
Sa démarche, me semble-t-il, est d'abord celle de quelqu'un qui est attentif aux hommes plus qu'aux machines ou aux faits froidement exposés. Là encore, c'est un comportement d'artiste plus que de simple historien occupé à faire son travail. Benjamin est un artiste, et un conteur qui utilise la combinaison de deux outils sacrés, le dessin et l'écriture, pour emmener avec lui ses lecteurs, en mettant en osmose image et texte.
Et lorsqu'on arrive au bout de son histoire de l'aviation, qui on le sait n'est pas close car tout cela ne fait en somme que commencer, on retient d'abord que c'est une histoire de gens qui ont décidé, un jour, que l'essence de leur vie se passerait là-haut. Plus ou moins haut, plus ou moins vite, car à chaque époque ses limites. Et à chaque limite un explorateur qui va repousser les butées et ouvrir de nouvelles voies. L'aviation, c'est une affaire de courage perpétuellement renouvelé. C'est une course à l'échalote géante, qui verra toujours des humains s'investir dans ces aventures infinies. Il y aura toujours un relayeur pour rebondir plus loin, plus haut, plus vite, sans toujours très bien savoir analyser puis dire pourquoi.
Les aviateurs, d'hier et de demain, sont comme des savants qui accepteraient de vivre au creux de l'expérience en cours, en prenant tous les risques. Chaque expérience réussie viendra ajouter au savoir collectif, et chaque expérience ratée amènera elle aussi sa pierre à l'édifice, car on apprend parfois plus des leçons d'un drame que d'une histoire sans histoires…
Benjamin a su extraire de la grande histoire des moments, des instantanés, et leur donner une âme avec son coup de crayon toujours juste. J'ai par exemple adoré le dessin du Potez de Guillaumet survolant les Andes, avec la capture de cette lumière étrange, à la fois violente et paisible, qui culbute par-dessus les hauts sommets. Là, on retrouve cet état d'âme proche de la contemplation qui habite parfois les aviateurs en vol, lorsque tout est en ordre à bord et que l'ordre grandiose du monde s'impose à l'entour.
Pour réussir cela, il faut être un artiste, mais aussi un passionné. Merci à lui, et arrivé au bout de ce livre il ne reste
qu'une chose à faire : le reprendre au début, lentement, et s'en aller vivre dans les images…
Bernard Chabbert