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Eric
Shilling
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NAISSANCE
D'UN MYTHE
Nous
sommes à la fin de l'année 1941 à Toungoo
en Birmanie. On entend tinter les clochettes des temples.
La mélodie se propage à travers les bruissantes
forêts de bambous et les flamboyants chargés
de fleurs, jusqu'à la piste d'aviation brûlante
où un jeune pilote blond s'applique à barbouiller
de peinture le nez de son appareil.
Le travail est terminé. Eric Shilling s'éccarte
de quelques pas pour admirer son oeuvre. C'est à l'occasion
d'un repas exotique organisé par un voisin missionnaire
que le jeune homme, âgé de 25 ans, en avait eu
l'idée.
Chez son hôte, Shilling avait découvert dans
un journal la photographie d'un messerschmitt 110 appartenant
à une unité de la Luftwaffe, basé fort
loin de là, en Méditerranée, qui portait
le nom de Haifischgruppe, ou "groupe des requins".
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Il était donc en train d'orner son Curtiss P-40 de
la même geule béante de requin. Au dessus de
la double rangée de dents, il peignit, de part et d'autre
du nez de l'appareil, un oeil menaçant. Satisfait du
résultat, Shilling s'éloigna du terrain d'un
air décidé pour revenir accompagné d'un
homme svelte et bronzé, à l'allure sportive
et au regard perçant. Le nouveau venu, prit du recul,
observa l'uvre sous tous les angles, puis fit une grimace
que l'on pouvait interpréter comme un sourire d'approbation.
Shilling déclara qu'il désirait en faire l'emblême
de son groupe ; mais son compagnon, Claire lee chennault,
trouva qu'il serait bien de doter tous les P-40 de l'escadre
du même attribut.
CLAIRE
LEE CHENNAULT
Il
est impossible de raconter l'histoire de Claire Lee Chennault
et des Tigres Volants, sans remonter au début de l'aventure
de cet homme, qui marqua le destin de tous ceux qui l'approchèrent.
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"L'équipe
du trapèze volant"
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Chennault
était un capitaine de l'USAAC, qui ne jouissait pas
d'une excellente réputation. D'abord parce qu'il avait
un peu trop tendance à exprimer à haute voix
ce qu'il est préférable de garder pour soi.
Et ensuite parce qu'il s'était fait remarquer en mettant
au point un numéro de voltige aérienne particulièrement
dangeureux baptisé "Trois hommes sur un trapèze
volant". Ce n'était pas du tout un numéro
de cirque mais une démonstration à caractère
militaire. En effet, Claire Lee Chennault et ses deux partenaires,
Haywood S. Hansell et Luke Williamson étaient convaincus
au milieu des années 30, que l'avenir de la chasse
n'était plus dans les combats singuliers de chevaliers
d'un autre âge. mais dans la cohésion la plus
étroite d'une équipe soudée, conjuguant
son action.
Ils avaient monté toute une série d'évolutions
serrées dans lesquelles leurs trois chasseurs accomplissaient
les figures les plus diffciles sans jamais s'écarter
les uns des autres, démontrant ainsi qu'ils pouvaient
combiner leur puissance de feu et leur défense en se
couvrant mutuellement.
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A
l'époque, on savait bien faire de magnifiques défilés
aériens mais on concevait encore le combat à
titre individuel, chacun pour soi. C'est ainsi que nos trois
mousquetaires connurent une sorte de disgrâce et , tandis
que Hansell et Williamson partaient pour la Chine en qualité
d'expert-instructeurs, notre capitaine chennault se morfondait
en 1936 sans espoir de promotion dans une ambiance déprimante...
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CHENNAULT
EN CHINE
En
mars 1937, le capitaine chennault reçoit une nouvelle
lettre de ses camarades servant en Chine, l'invitant à
venir les rejoindre. Chennault est tenté, mais il répugne
à quitter son pays, sa femme et ses 8 enfants. Quelques
semaines plus tard, il reçoit cette fois une lettre
officielle signée de la main de Madame Chiang Kaï-Chek
qui lui offre un emploi d'instructeur des forces aériennes
chinoises avec un salaire de 1000 $ par mois (plus de trois
sa solde d'alors) et toutes les facilités pour effectuer
un rapport sur la force aérienne chinoise.
Cette foi-ci, Chennault accepte et signe à 46 ans sa
demande de mise à la retraite anticipée. Il
s'embarque sur le SS "President Garfield" qui met
le cap sur l'Extrême Orient".
L'ancienne équipe du trapèze volant se dépense
sans compter durant de longs mois pour mettre debout un embryon
d'aviation chinoise, mais la tache est énorme et terriblement
ingrate, d'autant plus qu'il faut battre en retraite devant
l'avance japonaise.
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De
temps en temps en temps, les aviateurs chinois remportent
quelques succès locaux, mais la lutte est par
trop inégale.
LE
RECRUTEMENT
Les
mois passent et au début du mois d'août
1938, Claire Chennault met bientôt sur pied
une escadrille internationnale composées de
pilotes civils en rupture de contrat, d'aventuriers
aériens en mal d'exploits, de rêveurs
idéalistes et de "cowboys du manche à
balais" qui viennent de tous les horizons. Toutefois,
cette formation n'a pas de vrais appareils de guerre
et Chennault s'en inquiète beaucoup.
Ce problème sera résolu,
non sans embuches, après des tractations assez
douteuses entre la Diplomatie anglaise, la Suède
qui accepte de céder une centaine d'appareils
et un certain William Pawley, représentant
de la société Curtiss-Wright en Asie.
ce dernier se chargera, moyennant une confortable
"ristourne" de réceptionner les chasseurs
Curtiss à Rangoon, de les assembler, les équiper
et les approvisionner... Coût total pour la
Chine 8 900 0000 $. le principe du recrutement des
pilotes n'a pas encore été défini
car le moindre faux-pas peut engendrer des problèmes
diplomatiques mageurs. Il faut trouver un cadre juridique
inattaquable pour recruter les futurs mercennaires.
C'est William Pawley qui, là aussi va intervenir
: c'est lui qui propose que ce soit la CAMCO qui serve
de couverture au recrutement des volontaires. Pour
le monde entier, les escadrilles seront des "unités
spéciales d'entraînement", les volontaires
seront des "instructeurs" et Chennault en
sera l'inspecteur.
C'est
ainsi que débute en avril 194, les tournées
de recrutement dans la plupart des bases aériennes
de l'US navy, de l'USAAF et U.S Marine corps afin
de susciter des candidatures.
La durée du contrat sera de un an, éventuellement
renouvelable. On explique aux candidats éventuels
qu'il s'agit en fait de se battre en chine contre
les japonais, mais pour compenser le risque ils
recevront le haut salaire de 600 $ mensuels pour
un simple pilote, 675 $ pour un chef de patrouille
et 750 $ pour un chef d'escadrille. A cela s'ajoutera
une prime de 500 $ pour tout avion ennemi abattu.
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LE DEPART DES VOLONTAIRES
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Les
volontaires du premier contingent partent le
7 juillet 1941 pour embarquer sur le paquebot
hollandais "Jaegersfontaine". Parmi
les pilotes volontaires, il y a un curieux mélange
de motivations. Il y a ceux qui ne supportent
plus les lourdeurs administratives des grands
corps militaires, ceux qui rêvent de combats
épiques, ceux que la perspective de combattre
dans ce mystérieux Orient excite, ceux
qui espèrent réellement aider
le malheureux peuple chinnois, ceux qui fuient
les situattions personnelles intenables et enfin
ceux que le goût de l'argent feraient
faire n'importe quoi.
La plupart d'entre-eux sont cependant des fils
de bonne famille. David Lee "Tex"
Hill par exemple était le fils d'un missionnaire.
James H. Howard celui d'un médecin, qui
avaient tout deux exercé au Moyen Orient.
Seul quelques trublions venaient réellement
semer un certain désordre.
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David
Lee "Tex" Hill (B. Freudenthal)
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Parmi
eux se trouvaient un homme de 28 ans qui allaient
beaucoup faire parler de lui : Gregory Boyington
qui part dans le deuxième contingent
(enrôlé le 26 août). On attribua
à ce dernier un passeport de missionnaire,
ce qui l'amusa beaucoup. Le groupe atteignit
Rangoon en septembre 1941. Boyington et quelques
uns de ses compagnons n'avaient pas manqué
en cours de route d'exercer leurs ravages dans
les bars et les boîtes de nuit de Batavia
et de singapour. Après avoir arrosé
leur arrivée au Silver grill, seul lieu
de plaisir existant dans cette colonie britanique
fort guindée, ils poursuivirent en train
leur chemin vers le nord, à 265 km de
là, jusqu'à la base aérienne
de Toungoo, où s'entraînaient les
pilotes de la R.A.F.
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UN
CONTEXTE DIFFICILE
Face au japon, la Chine était dans une situation
de plus en plus grave depuis 1938. Les uns après
les autres, tous les ports de la chine sont occupés
par les japonais qui, en s'emparant de l'île
d'Haïnan, terminent un encerclement quasi parfait
de ce grand territoire. C'est alors que le Gouvernement
chinois, comprenent le danger, entreprend en octobre
1938 la longue route qui à travers les contreforts
méridionaux de la chaine de l'Himalaya reliera
Kunming à Lashio, en Birmanie. La chine sera
donc relier au monde extérieur par le port
de Rangoon. Plus de 200 000 coolies travailent à
cette gigantesque entreprise qui portera bientôt
le nom de "Route de Birmanie" - voir
carte - Voir
photo.
Les premiers pilotes de l'American Vonlunteer Group
arrivent à Rangoon le 28 juillet 1941 et prennent
aussitôt la direction de Tougoo avec le train.
Là, les conditions sont si précaires
que nombres d'entre-eux parle de rupture de contrat.
Mais Chennault, à son retour de Chungking,
met tout le monde d'accord. L'entraînement va
pouvoir commencer... Enfin !
PREPARATIFS AU COMBAT

Des
pilotes du 3rd Pursuit Squadron posant
devant un P-40B, le n° 68, dont la
casserolle d'hélice comporte une
retouche de marron clair. debout et à
droite, Haywood, à gauche Olson.
Assis, de gauche à droite, on reconnait
Smith, Jernstedt, Prescott, Laughhlin
et Redd. |
A
un rythme d'enfer, Chennault fait passer
toute son expérience, tout son
savoir, toute sa science du combat à
ces hommes qui découvrent un
"patron" étonnament
jeune, terriblement dynamique et exigeant
mais aussi très attachant. mais
cet entraînement intensif dans
tous les domaines use à la fois
les hommes et les machines et un certain
nombre d'incidents majeurs surviennent.
3 accidents mortels parsèment
l'entrainement de l'escadrille. L'usure
du matériel et le manque de pièces
détachées sont tels que
l'ont se décide finalement à
canibaliser les avions non réparables.
Les accidents n'épargnent personnes.
même les plus expérimentés.
Un pilote facétieux s'était
d'ailleurs amusé à peindre
cinq drapeaux américains sur
le fuselage de son avion ; il en était
à sa sixième machine et
se serait, pour un peu, senti l'âme
d'un as japonais !
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Claire
lee Chennault réparti ses hommes en
trois escadrilles baptisée respectivement
Adam et Eve (n° de 1 à 33), Ours
panda (n°34 à 66), et Anges de
l'enfer (n°67 à 99) (voir l'illustration).
Le célèbre avion de l'escadrille
de Chennault, le Curtiss P-40 était
déjà considéré
comme périmé par les spécialistes
avant même qu'on en lança, en
1939, la construction en série. L'American
Volunteer Group se vit atribuer une version
plus tardive, le P-40C utilisé aussi
par l'armée américaine. Ses
réservoir largables, son blindage et
son armement privait le chasseur de toute
maniabilité ou vitesse ascentionnelle,
mais lui conférait néanmoins
une stupéfiante vitesse de piqué.
-"Utilisez votre capacité de Piqué"
; conseillait Chennault à ses hommes
; cette méthode, au début, donna
d'excellents résultats.
UN
SYSTEME D'ALERTE TRES AU POINT
Ce
qui fera le succès de cette escadrille,
c'est le système d'alerte que Claire
Lee Chenault a mit en place. Un gigantesque
réseau de guet basé sur la multitude
du peuple chinnois et sur le fait que les japonais
n'occupent en fait que des enclaves. Il s'agit
de guetter le décollage des avions japonais
de leurs aérodromes, de repérer
leur axe de vol et de colporter tout cela d'abord
de bouche à oreille, puis jusqu'à
un poste-émetteur local. Tous les messages
convergent vers un poste central d'information
à Kunming, en chine qui trie et filtre
les renseignements pour donner éventuellement
l'alerte. Chennault savait les intentions de
l'ennemi avant même que le dernier avion
de la formation japonaise ait prit son envol
!
LES
PREMIERS COMBATS DE L'A.V.G.
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Après
Pearl Harbor, les Japonais s'étaient
lancés sur les Philippines et
Singapour. Ils déclenchaient
maintenant leur offensive sur le territoire
Birman depuis la proche frontière
Thaïlandaise, et menacaient particulièrement
la ville de Rangoon.
Le 20 décembre 1941, le service
d'alerte de Chennault signala l'approche
d'appareils venat de Hanoï, à
500 km au sud est de Kunnming. Chennault
fit immédiatement décoller
dans cette direction la majeure partie
des forces du groupe des Pandas, gardant
le reste en réserve avec l'escadrille
Adam et Eve.
Depuis un an, les Nippons bombardaient
Kunming sans rencontrer de résistance
; aussi n'espéraient-ils, cette
fois encore, aucune réaction.
Quelle ne fut pas leur surprise lorsque,
à 50 km de la ville, ils se retrouvèrent
en face d'avions aux gueules menaçantes
de requins !
Tirant parti de leur impressionnante
vitesse de piqué, les P-40 américains
fondirent sur les 10 bombardiers bimoteurs
Mitsubishi Ki-21, crachant le feu de
toutes leurs mitrailleuses.
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Le
2eme groupe des "pandas" en
patrouille. Au premier plan, David Lee
"tex" Hill, à sa droite,
John Petach (B. Freudenthal)
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Soutenus
par les forces de réserve, ils
envoyèrent au tapis neuf bombardiers
nippons ; le dernier reprit en louvoyant
le chemin de Hanoï ; suivi de près
par Edward F. Rector. Emporté
par le feu de l'action, celui-ci continua
sa course derrière le bombardier
jusqu'à se trouver à cours
d'essence ; il s'écrasa au sol
mais sortit indemme de l'accident, le
seul que le groupe ai eu à déplorer
au cours de ce combat.
Les chinois reconnaissants baptisèrent
les vaillants mercenaires américains
de "Fei Hou", ou "Tigres
volants".
Trois jours après la victoire
des Tigres au dessus de Kunming, le
23 decembre, la bataille de Rangoon
débuta par une attaque en force
de l'aviation japonaise. Sous la conduite
de Arvid Olson, le squadron des Anges
de L'enfer décolla en toute hâte
du terrain de Mingaladon pour se porter
au devant des appareils nippons. 18
bombardiers moyen Nakajima constituaient
la première vague ; trente autre
bombardiers les suivaient de près,
avec une escorte de 20 chasseurs Nakajima
Ki-27. En face d'eux l'A.V.G. alignait
16 de ses P-40 et la R.A.F 20 Brewster
Buffalos. Une véritable bataille
rangée s'engagea sous le ciel
des tropiques, au dessus de la majestueuse
flèche dorée de la pagode
Shwe dagon.
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A
l'abri des bananiers, sous les vérandas
des bungalows, dans les roseraies, ou
bien sur la promenade qui longeait l'hôtel
Strand, des milliers de Spectateurs,
le verre à la main suivaient
des yeux les minuscules appareils. Les
avions piquaient plein gaz dans un vacarme
assourdissant ; on ne parvenait plus
à compter les points ! Aux consignes
de Claire Chennault, les Tigres volants
exécutèrent leurs premières
passes par équipes de deux. Kenneth
Jernstedt abattit un bombardier à
la première rafale de ses mitrailleuses.
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| Un
japonais descendit Henry Gilbert, inaugurant
ainsi la liste des victimes au sein des
Tigres volants. Charles Older vint rapidement
à bout de 2 bombardiers ; mais
l'un d'entre-eux en explosant, déséquilibra
le P-40 de Neil Martin, qui plongea, désemparé
en direction du fleuve boueux. Edward
Overend et Robert Smith ajoutèrent
2 victoires au score de l'A.V.G. Paul
Greene, prit en chasse par deux Ki-27,
dut sauter de son avion en flammes sous
les rafales de l'adversaire ; il parvint
à attérir sans domages,
le parachute cribblé de balles.
Voyant leurs réserves de carburant
baisser, les Japonais rompirent le combat
pour reprendre le chemin de Bangkok ;
mais leur bombardiers avaient réussi
à mettre le feu aux dock de Rangoon.
Les nippons avaient perdu 6 appareils
de bombardement et 10 chasseurs ; de leur
côté, les britaniques et
l'A.V.G. déporaient seulement la
destruction de cinq Brewster Buffalo et
quatre P-40. |
Quarante
huit heures plus tard, le jour de noël,
les japonais revinrent. Soixante bombardiers,
escortés de vingt chasseurs, apparurent
en vagues successives. Mais une patrouille
de l'A.V.G. avait pu prévenir le squadron
leader Olson de leur approche ; cette fois-ci,
une formation de 12 P-40 attendaient au abords
de Kunming l'arrivée des assaillants.
Seize Brewster Buffalo de la R.A.F. vinrent
bientôt les rejoindre. ce fut un grant
jour pour robert "Duke" Hedman...

Charles
Older pose devant son fameux P-40 n°68
- L'avion le plus photographié
des Tigres volants... |
Cet
aviateur tranquille et effacé
faisait équipe avec Charles Older
et Thomas Haywood ; chargés d'intercepter
la première vague de bombardiers,
les trois hommes abattirent chacun un
appareil. dès l'entré
en jeu des Tigres volants, cinq adversaires
supplémentaires furent envoyés
au tapis. Hedman se lança alors
à l'assaut de la seconde vague,
et abattit un chasseur ki-27, deux bombardiers
et encore un autre chasseur. il venait
de s'octroyer cinq victoires en l'espace
d'une seul sortie. c'est un mercenaire
qui devenait ainsi le premier as américain
de la guerre en Asie.
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Sur
20 chasseurs Nakajima et 60 bombardiers engagés
ce jour là, les japonais avaient perdu
respectivement 9 et 15 appareils. En face,
neuf Buffalos et seulement deux P-40 avaient
été détruits ! Le président
de la C.A.M.C.O., Bill Pawley, avait assisté
au combat parmi les milliers de spectateurs
; il offrit aux Tigres un festin composé
de jambon, de poulet, de bière fraîche
et de whisky écossais. les aviateurs
laissèrent éclater leur joie
lorsque leurs deux camarades, abattus dans
la journée, réapparurent sains
et sauf : Ed Overend avait été
repéché par des paysans après
s'être écrasé dans un
étang et Georges McMillan avait fait
le chemin du retour en char à boeuf
; après un malheureux atterrissage
en parachute qui lui avait valu une blessure
à la cheville.
RANGOON
EST TOMBEE
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Depuis
leurs défaites aériennes
de Décembre, les japonais s'étaient
abstenu de bombarder Kunming, en chine.
Il en allait tout autrement à
Rangoon. L'infanterie nipponne, après
avoir balayé les troupes britaniques
sur les rives du Sittang, s'apprêter
maintenant à envahir la capitale
birmane ! Quotidiennement, les attaques
aériennes se succédaient
sur la ville.
L'A.V.G. s'interposa avec vaillance
pendant 2 mois avec le soutien de la
R.A.F., ou de ce qu'il en restait. Mais
les japonais avait désormais
élaboré des tactiques
pour contre-carrer les Tigres Volants.
Chaque victoire des mercenaires était
acquise désormais de haute lutte.
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Un
groupe de pilotes des A.V.G. en discussion
devant l'appareil de Chuck Older en
cours de ravitaillement. Au premier
plan on peut voir un groupe de mécanos
chinois s'activant autour de ce qui
pourrait être un Stearman...
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Ces
victoires ne suffirent pas à gagner
la bataille de Birmanie. Rangoon finit par
sombrer sous les coups des forces japonaises.
A la fin de février 1942, des hordes
de soldats se trouvaient aux portes de la
ville, prêtes à mener l'assaut
final.
LA
FIN DES TIGRES VOLANTS
Au
printemps de 1942, les Tigres se sentaient
fatigués et démoralisés.
Ils attendait toujours les matériels
et les équipements noubeaux qu'on leur
avait promis avec l'arrivée de l'armée
américaine en Chine et en Birmanie.
Pire, l'A.V.G. était sur le point de
devoir être absorbé par l'Army
Air force sous le commandement du général
W. Stiwell et, plus tard du Général
Clayton Bissell. Lorsqu'on essaya d'imposer
aux Tigres Volants, des missions d'escortes
de bombardiers britaniques Blenheim, ces derniers
entrèrent en rébellion ouverte.
David "Tex" Hill fit alors remarquer
à ses camarades que les Etats-Unis
se trouvaient en guerre avec le Japon, et
les supplia de ne pas tourner le dos à
leur propre patrie.
Lorsqu'il apprit que les tigres refusaient
de signer leur contrat d'engagement dans l'Air
Force, Bissel donna l'ordre à Chennault
de rassembler les pilotes de l'A.V.G. Après
avoir écouté son discours, les
Tigres, l'un après l'autre fournirent
le même réponse : "non".
Une scene typique sur l'aérodrome
de Kunming ...
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Chennault
se rendit compte qu'il n'y avait plus
rien à faire. las de la guerre,
attendant une permission qui ne venait
pas, refusant obstinémant de
recevoir des ordres de Bissell, la plupart
des Tigres volants préférèrent
démissionner ; seuls cinq d'entre-eux
restèrent. Et le 4 juillet 1942
"l'American Volunteer Group"
cessa d'exister.
Les Tigres Volants avaient en sept mois
de combats, abattu 296 avions pour la
perte de seulement de 24 des leurs (14
en opération et 10 autre durant
des accidents ou des bombardement).
Si vous voulez en savoir plus sur les
as des Tigres volants, cliquez
ici
Extraits
de "Les mercenaires de l'air"
aux Editions Time-Life -
Le Fana de L'aviation n° 136 et
137 - Wing Master mois de février
2002
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