the Flying Tigers logo designed by the Disney Studio
L'extraordinnaire histoire des tigres volants
Illustrations de
Benjamin Freudenthal
reproduction des textes et images interdite sans autorisation des auteurs

English version


Bateaux


Eric Shilling
Eric Shilling

NAISSANCE D'UN MYTHE

Nous sommes à la fin de l'année 1941 à Toungoo en Birmanie. On entend tinter les clochettes des temples. La mélodie se propage à travers les bruissantes forêts de bambous et les flamboyants chargés de fleurs, jusqu'à la piste d'aviation brûlante où un jeune pilote blond s'applique à barbouiller de peinture le nez de son appareil.

Le travail est terminé. Eric Shilling s'éccarte de quelques pas pour admirer son oeuvre. C'est à l'occasion d'un repas exotique organisé par un voisin missionnaire que le jeune homme, âgé de 25 ans, en avait eu l'idée.
Chez son hôte, Shilling avait découvert dans un journal la photographie d'un messerschmitt 110 appartenant à une unité de la Luftwaffe, basé fort loin de là, en Méditerranée, qui portait le nom de Haifischgruppe, ou "groupe des requins".

Il était donc en train d'orner son Curtiss P-40 de la même geule béante de requin. Au dessus de la double rangée de dents, il peignit, de part et d'autre du nez de l'appareil, un oeil menaçant. Satisfait du résultat, Shilling s'éloigna du terrain d'un air décidé pour revenir accompagné d'un homme svelte et bronzé, à l'allure sportive et au regard perçant. Le nouveau venu, prit du recul, observa l'œuvre sous tous les angles, puis fit une grimace que l'on pouvait interpréter comme un sourire d'approbation.
Shilling déclara qu'il désirait en faire l'emblême de son groupe ; mais son compagnon, Claire lee chennault, trouva qu'il serait bien de doter tous les P-40 de l'escadre du même attribut.



CLAIRE LEE CHENNAULT

Il est impossible de raconter l'histoire de Claire Lee Chennault et des Tigres Volants, sans remonter au début de l'aventure de cet homme, qui marqua le destin de tous ceux qui l'approchèrent.

Le trapèze volant
"L'équipe du trapèze volant"

Chennault était un capitaine de l'USAAC, qui ne jouissait pas d'une excellente réputation. D'abord parce qu'il avait un peu trop tendance à exprimer à haute voix ce qu'il est préférable de garder pour soi. Et ensuite parce qu'il s'était fait remarquer en mettant au point un numéro de voltige aérienne particulièrement dangeureux baptisé "Trois hommes sur un trapèze volant". Ce n'était pas du tout un numéro de cirque mais une démonstration à caractère militaire. En effet, Claire Lee Chennault et ses deux partenaires, Haywood S. Hansell et Luke Williamson étaient convaincus au milieu des années 30, que l'avenir de la chasse n'était plus dans les combats singuliers de chevaliers d'un autre âge. mais dans la cohésion la plus étroite d'une équipe soudée, conjuguant son action.
Ils avaient monté toute une série d'évolutions serrées dans lesquelles leurs trois chasseurs accomplissaient les figures les plus diffciles sans jamais s'écarter les uns des autres, démontrant ainsi qu'ils pouvaient combiner leur puissance de feu et leur défense en se couvrant mutuellement.

A l'époque, on savait bien faire de magnifiques défilés aériens mais on concevait encore le combat à titre individuel, chacun pour soi. C'est ainsi que nos trois mousquetaires connurent une sorte de disgrâce et , tandis que Hansell et Williamson partaient pour la Chine en qualité d'expert-instructeurs, notre capitaine chennault se morfondait en 1936 sans espoir de promotion dans une ambiance déprimante...


CHENNAULT EN CHINE

En mars 1937, le capitaine chennault reçoit une nouvelle lettre de ses camarades servant en Chine, l'invitant à venir les rejoindre. Chennault est tenté, mais il répugne à quitter son pays, sa femme et ses 8 enfants. Quelques semaines plus tard, il reçoit cette fois une lettre officielle signée de la main de Madame Chiang Kaï-Chek qui lui offre un emploi d'instructeur des forces aériennes chinoises avec un salaire de 1000 $ par mois (plus de trois sa solde d'alors) et toutes les facilités pour effectuer un rapport sur la force aérienne chinoise.
Cette foi-ci, Chennault accepte et signe à 46 ans sa demande de mise à la retraite anticipée. Il s'embarque sur le SS "President Garfield" qui met le cap sur l'Extrême Orient".
L'ancienne équipe du trapèze volant se dépense sans compter durant de longs mois pour mettre debout un embryon d'aviation chinoise, mais la tache est énorme et terriblement ingrate, d'autant plus qu'il faut battre en retraite devant l'avance japonaise.

De temps en temps en temps, les aviateurs chinois remportent quelques succès locaux, mais la lutte est par trop inégale.

LE RECRUTEMENT

Les mois passent et au début du mois d'août 1938, Claire Chennault met bientôt sur pied une escadrille internationnale composées de pilotes civils en rupture de contrat, d'aventuriers aériens en mal d'exploits, de rêveurs idéalistes et de "cowboys du manche à balais" qui viennent de tous les horizons. Toutefois, cette formation n'a pas de vrais appareils de guerre et Chennault s'en inquiète beaucoup. Ce problème sera résolu, non sans embuches, après des tractations assez douteuses entre la Diplomatie anglaise, la Suède qui accepte de céder une centaine d'appareils et un certain William Pawley, représentant de la société Curtiss-Wright en Asie. ce dernier se chargera, moyennant une confortable "ristourne" de réceptionner les chasseurs Curtiss à Rangoon, de les assembler, les équiper et les approvisionner... Coût total pour la Chine 8 900 0000 $. le principe du recrutement des pilotes n'a pas encore été défini car le moindre faux-pas peut engendrer des problèmes diplomatiques mageurs. Il faut trouver un cadre juridique inattaquable pour recruter les futurs mercennaires.
C'est William Pawley qui, là aussi va intervenir : c'est lui qui propose que ce soit la CAMCO qui serve de couverture au recrutement des volontaires. Pour le monde entier, les escadrilles seront des "unités spéciales d'entraînement", les volontaires seront des "instructeurs" et Chennault en sera l'inspecteur.

C'est ainsi que débute en avril 194, les tournées de recrutement dans la plupart des bases aériennes de l'US navy, de l'USAAF et U.S Marine corps afin de susciter des candidatures.

La durée du contrat sera de un an, éventuellement renouvelable. On explique aux candidats éventuels qu'il s'agit en fait de se battre en chine contre les japonais, mais pour compenser le risque ils recevront le haut salaire de 600 $ mensuels pour un simple pilote, 675 $ pour un chef de patrouille et 750 $ pour un chef d'escadrille. A cela s'ajoutera une prime de 500 $ pour tout avion ennemi abattu
.



LE DEPART DES VOLONTAIRES

Les volontaires du premier contingent partent le 7 juillet 1941 pour embarquer sur le paquebot hollandais "Jaegersfontaine". Parmi les pilotes volontaires, il y a un curieux mélange de motivations. Il y a ceux qui ne supportent plus les lourdeurs administratives des grands corps militaires, ceux qui rêvent de combats épiques, ceux que la perspective de combattre dans ce mystérieux Orient excite, ceux qui espèrent réellement aider le malheureux peuple chinnois, ceux qui fuient les situattions personnelles intenables et enfin ceux que le goût de l'argent feraient faire n'importe quoi.
La plupart d'entre-eux sont cependant des fils de bonne famille. David Lee "Tex" Hill par exemple était le fils d'un missionnaire. James H. Howard celui d'un médecin, qui avaient tout deux exercé au Moyen Orient. Seul quelques trublions venaient réellement semer un certain désordre.

David Lee Tex Hill
David Lee "Tex" Hill (B. Freudenthal)

Parmi eux se trouvaient un homme de 28 ans qui allaient beaucoup faire parler de lui : Gregory Boyington qui part dans le deuxième contingent (enrôlé le 26 août). On attribua à ce dernier un passeport de missionnaire, ce qui l'amusa beaucoup. Le groupe atteignit Rangoon en septembre 1941. Boyington et quelques uns de ses compagnons n'avaient pas manqué en cours de route d'exercer leurs ravages dans les bars et les boîtes de nuit de Batavia et de singapour. Après avoir arrosé leur arrivée au Silver grill, seul lieu de plaisir existant dans cette colonie britanique fort guindée, ils poursuivirent en train leur chemin vers le nord, à 265 km de là, jusqu'à la base aérienne de Toungoo, où s'entraînaient les pilotes de la R.A.F.


UN CONTEXTE DIFFICILE


Face au japon, la Chine était dans une situation de plus en plus grave depuis 1938. Les uns après les autres, tous les ports de la chine sont occupés par les japonais qui, en s'emparant de l'île d'Haïnan, terminent un encerclement quasi parfait de ce grand territoire. C'est alors que le Gouvernement chinois, comprenent le danger, entreprend en octobre 1938 la longue route qui à travers les contreforts méridionaux de la chaine de l'Himalaya reliera Kunming à Lashio, en Birmanie. La chine sera donc relier au monde extérieur par le port de Rangoon. Plus de 200 000 coolies travailent à cette gigantesque entreprise qui portera bientôt le nom de "Route de Birmanie" - voir carte - Voir photo.
Les premiers pilotes de l'American Vonlunteer Group arrivent à Rangoon le 28 juillet 1941 et prennent aussitôt la direction de Tougoo avec le train. Là, les conditions sont si précaires que nombres d'entre-eux parle de rupture de contrat. Mais Chennault, à son retour de Chungking, met tout le monde d'accord. L'entraînement va pouvoir commencer... Enfin !



PREPARATIFS AU COMBAT



Des pilotes du 3rd Pursuit Squadron posant devant un P-40B, le n° 68, dont la casserolle d'hélice comporte une retouche de marron clair. debout et à droite, Haywood, à gauche Olson. Assis, de gauche à droite, on reconnait Smith, Jernstedt, Prescott, Laughhlin et Redd.

A un rythme d'enfer, Chennault fait passer toute son expérience, tout son savoir, toute sa science du combat à ces hommes qui découvrent un "patron" étonnament jeune, terriblement dynamique et exigeant mais aussi très attachant. mais cet entraînement intensif dans tous les domaines use à la fois les hommes et les machines et un certain nombre d'incidents majeurs surviennent. 3 accidents mortels parsèment l'entrainement de l'escadrille. L'usure du matériel et le manque de pièces détachées sont tels que l'ont se décide finalement à canibaliser les avions non réparables.

Les accidents n'épargnent personnes. même les plus expérimentés. Un pilote facétieux s'était d'ailleurs amusé à peindre cinq drapeaux américains sur le fuselage de son avion ; il en était à sa sixième machine et se serait, pour un peu, senti l'âme d'un as japonais !

Claire lee Chennault réparti ses hommes en trois escadrilles baptisée respectivement Adam et Eve (n° de 1 à 33), Ours panda (n°34 à 66), et Anges de l'enfer (n°67 à 99) (voir l'illustration).
Le célèbre avion de l'escadrille de Chennault, le Curtiss P-40 était déjà considéré comme périmé par les spécialistes avant même qu'on en lança, en 1939, la construction en série. L'American Volunteer Group se vit atribuer une version plus tardive, le P-40C utilisé aussi par l'armée américaine. Ses réservoir largables, son blindage et son armement privait le chasseur de toute maniabilité ou vitesse ascentionnelle, mais lui conférait néanmoins une stupéfiante vitesse de piqué. -"Utilisez votre capacité de Piqué" ; conseillait Chennault à ses hommes ; cette méthode, au début, donna d'excellents résultats.


1er Groupe "Adam et Eve"

2eme Groupe "Panda Bear"


3eme
Groupe "Hell's Angels"

UN SYSTEME D'ALERTE TRES AU POINT

Ce qui fera le succès de cette escadrille, c'est le système d'alerte que Claire Lee Chenault a mit en place. Un gigantesque réseau de guet basé sur la multitude du peuple chinnois et sur le fait que les japonais n'occupent en fait que des enclaves. Il s'agit de guetter le décollage des avions japonais de leurs aérodromes, de repérer leur axe de vol et de colporter tout cela d'abord de bouche à oreille, puis jusqu'à un poste-émetteur local. Tous les messages convergent vers un poste central d'information à Kunming, en chine qui trie et filtre les renseignements pour donner éventuellement l'alerte. Chennault savait les intentions de l'ennemi avant même que le dernier avion de la formation japonaise ait prit son envol !


LES PREMIERS COMBATS DE L'A.V.G.

Après Pearl Harbor, les Japonais s'étaient lancés sur les Philippines et Singapour. Ils déclenchaient maintenant leur offensive sur le territoire Birman depuis la proche frontière Thaïlandaise, et menacaient particulièrement la ville de Rangoon.

Le 20 décembre 1941, le service d'alerte de Chennault signala l'approche d'appareils venat de Hanoï, à 500 km au sud est de Kunnming. Chennault fit immédiatement décoller dans cette direction la majeure partie des forces du groupe des Pandas, gardant le reste en réserve avec l'escadrille Adam et Eve.
Depuis un an, les Nippons bombardaient Kunming sans rencontrer de résistance ; aussi n'espéraient-ils, cette fois encore, aucune réaction. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque, à 50 km de la ville, ils se retrouvèrent en face d'avions aux gueules menaçantes de requins !
Tirant parti de leur impressionnante vitesse de piqué, les P-40 américains fondirent sur les 10 bombardiers bimoteurs Mitsubishi Ki-21, crachant le feu de toutes leurs mitrailleuses.

le 2eme groupe des Tigres volants en patrouille
Le 2eme groupe des "pandas" en patrouille. Au premier plan, David Lee "tex" Hill, à sa droite, John Petach (B. Freudenthal)

Soutenus par les forces de réserve, ils envoyèrent au tapis neuf bombardiers nippons ; le dernier reprit en louvoyant le chemin de Hanoï ; suivi de près par Edward F. Rector. Emporté par le feu de l'action, celui-ci continua sa course derrière le bombardier jusqu'à se trouver à cours d'essence ; il s'écrasa au sol mais sortit indemme de l'accident, le seul que le groupe ai eu à déplorer au cours de ce combat.

Les chinois reconnaissants baptisèrent les vaillants mercenaires américains de "Fei Hou", ou "Tigres volants".

Trois jours après la victoire des Tigres au dessus de Kunming, le 23 decembre, la bataille de Rangoon débuta par une attaque en force de l'aviation japonaise. Sous la conduite de Arvid Olson, le squadron des Anges de L'enfer décolla en toute hâte du terrain de Mingaladon pour se porter au devant des appareils nippons. 18 bombardiers moyen Nakajima constituaient la première vague ; trente autre bombardiers les suivaient de près, avec une escorte de 20 chasseurs Nakajima Ki-27. En face d'eux l'A.V.G. alignait 16 de ses P-40 et la R.A.F 20 Brewster Buffalos. Une véritable bataille rangée s'engagea sous le ciel des tropiques, au dessus de la majestueuse flèche dorée de la pagode Shwe dagon.


A l'abri des bananiers, sous les vérandas des bungalows, dans les roseraies, ou bien sur la promenade qui longeait l'hôtel Strand, des milliers de Spectateurs, le verre à la main suivaient des yeux les minuscules appareils. Les avions piquaient plein gaz dans un vacarme assourdissant ; on ne parvenait plus à compter les points ! Aux consignes de Claire Chennault, les Tigres volants exécutèrent leurs premières passes par équipes de deux. Kenneth Jernstedt abattit un bombardier à la première rafale de ses mitrailleuses.

Un japonais descendit Henry Gilbert, inaugurant ainsi la liste des victimes au sein des Tigres volants. Charles Older vint rapidement à bout de 2 bombardiers ; mais l'un d'entre-eux en explosant, déséquilibra le P-40 de Neil Martin, qui plongea, désemparé en direction du fleuve boueux. Edward Overend et Robert Smith ajoutèrent 2 victoires au score de l'A.V.G. Paul Greene, prit en chasse par deux Ki-27, dut sauter de son avion en flammes sous les rafales de l'adversaire ; il parvint à attérir sans domages, le parachute cribblé de balles. Voyant leurs réserves de carburant baisser, les Japonais rompirent le combat pour reprendre le chemin de Bangkok ; mais leur bombardiers avaient réussi à mettre le feu aux dock de Rangoon. Les nippons avaient perdu 6 appareils de bombardement et 10 chasseurs ; de leur côté, les britaniques et l'A.V.G. déporaient seulement la destruction de cinq Brewster Buffalo et quatre P-40.

Quarante huit heures plus tard, le jour de noël, les japonais revinrent. Soixante bombardiers, escortés de vingt chasseurs, apparurent en vagues successives. Mais une patrouille de l'A.V.G. avait pu prévenir le squadron leader Olson de leur approche ; cette fois-ci, une formation de 12 P-40 attendaient au abords de Kunming l'arrivée des assaillants. Seize Brewster Buffalo de la R.A.F. vinrent bientôt les rejoindre. ce fut un grant jour pour robert "Duke" Hedman...

Charles Older
Charles Older pose devant son fameux P-40 n°68 - L'avion le plus photographié des Tigres volants...

Cet aviateur tranquille et effacé faisait équipe avec Charles Older et Thomas Haywood ; chargés d'intercepter la première vague de bombardiers, les trois hommes abattirent chacun un appareil. dès l'entré en jeu des Tigres volants, cinq adversaires supplémentaires furent envoyés au tapis. Hedman se lança alors à l'assaut de la seconde vague, et abattit un chasseur ki-27, deux bombardiers et encore un autre chasseur. il venait de s'octroyer cinq victoires en l'espace d'une seul sortie. c'est un mercenaire qui devenait ainsi le premier as américain de la guerre en Asie.

Sur 20 chasseurs Nakajima et 60 bombardiers engagés ce jour là, les japonais avaient perdu respectivement 9 et 15 appareils. En face, neuf Buffalos et seulement deux P-40 avaient été détruits ! Le président de la C.A.M.C.O., Bill Pawley, avait assisté au combat parmi les milliers de spectateurs ; il offrit aux Tigres un festin composé de jambon, de poulet, de bière fraîche et de whisky écossais. les aviateurs laissèrent éclater leur joie lorsque leurs deux camarades, abattus dans la journée, réapparurent sains et sauf : Ed Overend avait été repéché par des paysans après s'être écrasé dans un étang et Georges McMillan avait fait le chemin du retour en char à boeuf ; après un malheureux atterrissage en parachute qui lui avait valu une blessure à la cheville.


RANGOON EST TOMBEE

Depuis leurs défaites aériennes de Décembre, les japonais s'étaient abstenu de bombarder Kunming, en chine. Il en allait tout autrement à Rangoon. L'infanterie nipponne, après avoir balayé les troupes britaniques sur les rives du Sittang, s'apprêter maintenant à envahir la capitale birmane ! Quotidiennement, les attaques aériennes se succédaient sur la ville.

L'A.V.G. s'interposa avec vaillance pendant 2 mois avec le soutien de la R.A.F., ou de ce qu'il en restait. Mais les japonais avait désormais élaboré des tactiques pour contre-carrer les Tigres Volants. Chaque victoire des mercenaires était acquise désormais de haute lutte.


Un groupe de pilotes des A.V.G. en discussion devant l'appareil de Chuck Older en cours de ravitaillement. Au premier plan on peut voir un groupe de mécanos chinois s'activant autour de ce qui pourrait être un Stearman...

Ces victoires ne suffirent pas à gagner la bataille de Birmanie. Rangoon finit par sombrer sous les coups des forces japonaises. A la fin de février 1942, des hordes de soldats se trouvaient aux portes de la ville, prêtes à mener l'assaut final.

LA FIN DES TIGRES VOLANTS

Au printemps de 1942, les Tigres se sentaient fatigués et démoralisés. Ils attendait toujours les matériels et les équipements noubeaux qu'on leur avait promis avec l'arrivée de l'armée américaine en Chine et en Birmanie. Pire, l'A.V.G. était sur le point de devoir être absorbé par l'Army Air force sous le commandement du général W. Stiwell et, plus tard du Général Clayton Bissell. Lorsqu'on essaya d'imposer aux Tigres Volants, des missions d'escortes de bombardiers britaniques Blenheim, ces derniers entrèrent en rébellion ouverte.

David "Tex" Hill fit alors remarquer à ses camarades que les Etats-Unis se trouvaient en guerre avec le Japon, et les supplia de ne pas tourner le dos à leur propre patrie.

Lorsqu'il apprit que les tigres refusaient de signer leur contrat d'engagement dans l'Air Force, Bissel donna l'ordre à Chennault de rassembler les pilotes de l'A.V.G. Après avoir écouté son discours, les Tigres, l'un après l'autre fournirent le même réponse : "non".


Une scene typique sur l'aérodrome de Kunming ...

Chennault se rendit compte qu'il n'y avait plus rien à faire. las de la guerre, attendant une permission qui ne venait pas, refusant obstinémant de recevoir des ordres de Bissell, la plupart des Tigres volants préférèrent démissionner ; seuls cinq d'entre-eux restèrent. Et le 4 juillet 1942 "l'American Volunteer Group" cessa d'exister.

Les Tigres Volants avaient en sept mois de combats, abattu 296 avions pour la perte de seulement de 24 des leurs (14 en opération et 10 autre durant des accidents ou des bombardement). Si vous voulez en savoir plus sur les as des Tigres volants, cliquez ici

Extraits de "Les mercenaires de l'air" aux Editions Time-Life - Le Fana de L'aviation n° 136 et 137 - Wing Master mois de février 2002

 

Retour haut de page

Autres histoires