Orville
Wright - (B. Freudenthal)
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La
passion des frères Wright pour l'aviation remonte
à l'enfance. Wilbur raconta un jour que leur
intérêt commun pour le vol remontait à
1878, quand leur père rentre un soir chez eux
en cachant dans ses mains un petit objet. "Avant
que nous ayons pu voir ce que c'était",
raconta Orville, "il le lança en l'air.
Nous nous attendions à le voir tomber sur le
plancher, mais à notre surprise il traversa la
pièce et heurta le plafond, voltigeant quelques
instants avant de s'abattre sur le sol."
Ce jouet fait de liège et de bambou était
un hélicoptère miniature.
Les deux frères nés à Dayton dans
l'Ohio, faisaient partie d'une famille de 5 enfants
: Reuchlin, Lorin, Wilbur, Orville. Katharine
était la seule fille de Milton Wright,
un prêcheur de Dayton. La mère, qui dirigeait
le foyer d'une main tendre et habile, se prénommais
Susan. Elle construisait des jouets ingénieux
et des ustensiles pratiques. En fait elle savait tout
faire, dessinant elle même les vêtements
de ses enfants et allant jusqu'à fabriquer le
Landau de Reuchlin et Lorin. Toute la Famille Wright
s'avéra bientôt être des inventeurs
nés.
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Plus
tard, Lorin mit au point un système pour perfectionner
la moissonneuse ; Wilbur inventa une machine à plier
le papier. A 12 ans Orville réalisait des gravures
sur bois avec un matériel de fortune.
Wilbur, après un grave accident de sport perdit ses
qualités physiques de garçon sportif. Il resta
le plus clair de son temps à la maison au milieu des
livres.
Orville était passionné entre autre par l'imprimerie.
Il sortit son frère Wilbur de se son "train-train
quotidien" en l'invitant à concevoir une nouvelle
presse. Ils travaillèrent en commun et leur collaboration
donna de merveilleux résultats. En 1889, durant un
an les deux frères vont même créer un
quotidien d'information !
A
partir de 1992, c'est la bicyclette qui va faire vivre
cet énigmatique duo. Les premiers vélo a
roues en caoutchouc de dimensions égales venait
de faire leur apparition et remplacèrent rapidement
les encombrantes "grandes roues. Wilbur et Orville
montèrent leur propre atelier de vente et de réparation
ainsi qu'un magasin d'accessoires. L'affaire marcha formidablement
bien. Ainsi naquit la Wright Cycle Company qui fabriqua
elle-même ses bicyclette, en particulier la célèbre
Wright Special à US $ 18.
C'est en 1894 que les frères Wright entendirent
pour la première fois parler des exploits d'un
pilote de planeur allemand : Otto Lilienthal
dont les hauts faits étaient relatés dans
le McClures's magazine. Cet homme hors du commun avait
conçu un planeur avec lequel il réalisait
régulièrement des vols de 100 ou 200 mètres,
jusqu'au jour ou l'inévitable se produisit. Le
pilote acrobate se tua en août 1896, léguant
derrière lui un héritage de savoir et
d'expérience unique sur le vol humain. Qui allait
en profiter ? Wilbur et Orville pensait qu'il était
temps d'apporter leur contribution modeste à
cette grande cause.
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Wilbur Wright - (B. Freudenthal)
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LES
RECHERCHES, LES IDÉES
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Ils
passèrent au peigne fin les bibliothèques locales
à la recherche d'ouvrages et d'articles sur le vol,
en commençant par des livres sur les oiseaux. Les frères
s'émerveillèrent de la gracieuse complexité
du vol naturel, et passèrent des heures à observer
à la jumelle les oiseaux "voiliers".
Wilbur remarqua très justement que les busards,
partiellement renversés par un coup de vent, rétablissaient
leur équilibre latéral à l'aide d'une
légère torsion de l'extrémité
de leurs ailes. Cette méthode semblait très
efficace. Bien plus que les mouvements du corps que faisait
Lilienthal pour basculer son planeur dans une direction. Pour
Wilbur et Orville deux choses paraissaient claires : il fallait
commencer, comme Lilienthal, à concevoir un planeur
et de le tester en vol avant de le motoriser. Ensuite il fallait
trouver une astuce mécanique pour imiter la torsion
des ailes des rapaces, principe qu'ils baptisèrent
plus tard "gauchissement des ailes".
A la fin de Juillet 1899, Wilbur se trouvait dans son magasin
de vélo lorsqu'un client vint lui acheter une chambre
à air. Tout en discutant, il réalisa qu'il avait
sans y penser tordu les extrémités du carton
d'emballage dans des sens opposés. Après le
départ du client, Wilbur eut l'idée de construire
un biplan à la voilure rigide, mais doté d'extrémités
articulées !
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Cette
année la, les deux frères conçurent
un planeur "test" qui comportait deux plans
superposés mesurant chacun 1,50 mètres
sur 0,33 mètres et un plan stabilisateur horizontal.
Des cordes fixées aux extrémités
des ailes permettaient à l'opérateur au
sol de les relever ou de les abaisser simultanément..
Wibur essaya la machine près de Dayton. Le système
de gauchissement des ailes se révéla si
efficace qu'il se précipita auprès de
son frère pour dresser les plans d'un planeur
doté d'un mécanisme identique. Wilbur
écrivit à un autre grand inventeur d'objets
volants, Octave Chanute en lui expliquant la
méthode de gauchissement qu'il avait
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inventé
et pour lui demander aussi quelques conseils et suggestions
car, disait t-il, le perfectionnement des machines volantes
dépendait de la solidarité des chercheurs.
"Un homme seul ne peut résoudre un problème
aussi important" concluait sa lettre. |
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Septembre
1900 - KITTY HAWK, BERCEAU DE L'AVIATION
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En
choississant leur site d'expérimentation, les frères
ne cherchaient nullement à se cacher. Ils voulaient
avant tout une configuration de terrain idéale. Mais
on aurait pu difficilement trouver un endroit plus isolé
que ce village perdu à 1000 km de Dayton (Ohio) sur
un étroit cordon littoral le long des côtes de
Caroline du nord. Kitty Hawk semblait loin de tout.
Il y avait une petite station météorologique
ou les deux frères allèrent glaner quelques
information en expliquant qu'ils avaient l'intention de réaliser
des expériences scientifiques sur le vol des cerf-volants.
Joseph J. Dosher, le responsable local, leur répondit.
"La plage mesure environ 1,5 km de large ; presque plate
et dépourvue d'arbres, elle s'étend sur près
de 100 km. Les vents dominants soufflent du nord, nord-est
en septembre et en octobre. Il n'y pas pas de maison à
louer ici, et il vous faudra apporter des tentes."
William Tate, l'homme le plus en vue de Kitty Hawk
leur expliqua qu'un monticule de 25 mètre de hauts
s'élevait sur une langue de sable. Les frères
Wright avait trouvé l'endroit rêvé et
surnommèrent cette dune "Big Hill".
Du 10 au 17 octobre Wilbur et Orville tentèrent de
fructueuses expériences avec leur planeur tantôt
à vide, tantôt chargé de 34 kilos de chaînes,
en placant le gouvernail, soit à l'arrière,
soit à l'avant. Il commençaient à acquérir
une certaine habileté dans l'équilibre de leur
machine. Il était maintenant temps de se confronter
à un vol avec pilote pour avoir ce que valait vraiment
leur machine.
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Ce
17 octobre Les frères Wright inaugurent un
système de décollage qui deviendra vite
familier aux rares habitants de Kitty Hawk : l'un des
deux frères s'installe couché sur la machine,
tandis que l'autre, aidé de Bill Tate, agrippait
l'extrémité des ailes et descendait en
courant la colline face au vent jusqu'à ce que
l'appareil décolle. Au début les Wright
craignaient que l'atterrissage en position couchée
n'exposa la vie du pilote. Mais après quelques
vols, ils se rendirent compte que le gouvernail assurait
un équilibre si parfait que le pilote était
capable de contrôler facilement son atterrissage.
Des vols de 90 à 120 mètres et des atterrissages
à près de 50 km/h leur permirent d'apprécier
la sûreté et le confort de la position
couchée, qu'ils décidèrent d'adopter
définitivement.
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Octave
Chanute vient rendre visite aux frères Wright,
à Kitty Hawk en 1901
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Il
décidèrent aussi de conserver le gouvernail
de profondeur à l'avant, car ils estimaient que cela
assurait une protection efficace en cas de piqué de
l'appareil.
Quelques détails importants restaient toutefois à
régler. Les frères Wright avaient créé
une courbure de voilure identique à celle des planeurs
de Otto Lilienthal, mais ils n'obtenaient pas une portance
aussi bonne que ce qui était indiqué dans les
écrits du célèbre pionnier allemand.
De retour à Dayton , ils décidèrent au
cours de l'année 1901 de créer une version améliorée
de leur aéroplane.
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Septembre
1901 - KITTY HAWK, UNE ANNÉE DE RECHERCHE ET
DE MISE AU POINT
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Les
frères Wright
revinrent à Kitty Hawk le 10 juillet 1901, plus confiants
que les années précédentes. Leur réputation
grandissait. Des journaux anglais et allemands avaient publié
des articles techniques sur le vol rédigés par
Wilbur. Octave Chanute avait, lui aussi décrit les
travaux des deux frères dans une importante revue américaine
de mécanique.
D'autres personnages vinrent passer quelques temps à
Kitty Hawk : Edward Huffaker ou George A. Spratt,
2 protégés d'Octave Chanute. Ils participèrent
au vol qui eu lieu le 27 juillet 1901. Par une brise régulière
de 16 à 20 km/h, Les inventeurs hissèrent l'aéroplane
en haut de la dune. Orville et Spratt aidaient au décollage,
Huffaker les observait , prêt à apporter son
aide si nécessaire. Wilbur se coucha sur le plan inférieur.
Orville et Spratt portèrent l'appareil en courant à
60 cm du sol, puis le lâchèrent. L'aéroplane
s'abattît sur le sable peu après !
Il en déduire que la position de Wilbur sur l'aéroplane
n'était pas bonne et ce dernier modifia sa position...
sans plus de réussite.
Wilbur recula de plus de trente centimètre et une 9ème
tentative se soda cette fois-ci par un très joli vol
plané de plus de 90 mètres. Huffaker était
stupéfait devant les vols répétés
de Wilbur et Orville. Mais les deux frères avaient
fait mieux et se montraient très déçu
!
Le planeur se montrait capricieux et avaient une fâcheuse
tendance à piquer ou à se cabrer. Au cours d'un
vol, la machine avait fait un bon d'une dizaine de mètres
avant d'échapper à tout contrôle. Wilbur
s'était promptement déplacé à
l'avant tout en actionnant le levier de commande du gouvernail
de profondeur. Il réussit in extremis à faire
atterrir la machine en douceur. Cruel constat : la machine
de 1901 semblait moins bien marcher que celle de 1900 !
les frères soupçonnaient que cela provenait
de la voilure, trop courbe. Celle-ci fut sensiblement réduite
et le 8 août, Wilbur reprit les commandes et réalisa
cette fois-ci des vols de plus de 120 mètres avec des
vents à 45 km/h. la planeur répondait parfaitement
à toutes les sollicitation du gouvernail.
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LES
VIRAGES ET LE PROBLÈME DU VOL CONTRÔLÉ
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Ayant
maîtrisé les problèmes d'équilibre
horizontal, Wilbur décida dès le lendemain (9
août 1901) de s'essayer aux virages. Les Wright pensaient
pouvoir aisément incliner la machine grâce au
système de gauchissement. Mais cela ne fonctionnait
pas aussi bien qu'ils l'avaient espéré : dans
un virage Wilbur sentait un léger tremblement à
mesure qu'il s'inclinait, l'appareil décrochait, en
perte de vitesse et basculait.
Comment résoudre ce problème ? Les Wright étaient
allés plus loin que n'importe qui dans l'étude
du vol : personne ne pouvait les éclairer sur ce nouveau
problème : réaliser un virage sans décrocher.
Wilbur et Orville résolurent ce problème en
innovant encore : les deux frères fabriquèrent
une soufflerie pour étudier le phénomène
du décrochage avec un modèle réduit fidèle
de leur machine. Ils furent les premiers à penser à
une telle démarche.
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"Je
crois", dira plus tard Orville, "que grâce
à ce système, nous avons recueilli 100
fois plus de données sur le vol que tous nos
prédecesseurs réunis." Forts de ces
nouvelles connaissances les frères entreprirent
la construction d'un nouveau planeur plus grand
(10 mètres d'envergure au lieu de 6,7) avec une
aile plus longue et plus étroite. Cette nouvelle
machine était en outre équipée
d'une queue formée de deux plans fixes verticaux
destinés à empêcher les vrilles.
La dérive ne donna pas d'emblée les résultats
escomptés. Le 19 septembre 1902 le planeur failli
être complètement détruit ! "Je
planais
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avec
aisance "raconta Orville, ce soir là dans
son journal, "quand je sentis l'appareil basculer
lentement". Il manoeuvra le système de gauchissement
pour rabaisser l'aile surélevée. Mais
en vain !
10 mètre plus bas, Wilbur et Dan Tate se précipitèrent
dans les débris du planeur, s'attendant à
trouver Orville grièvement blessé. Mais
celui-ci n'avait pas la moindre égratignure !
Dans
l'ensemble la machine marchait bien mais sur 75 vols
effectués, elle avait basculée une dizaine
de fois sans que le pilote puisse y remédier.
Paradoxalement, lorsque le pilote tentait de rétablir
l'équilibre, l'aile la plus basse s'enfonçait
plus encore, entraînant la vrille. Wilbur et Orville
comprirent alors que le problème venait de la
queue de l'appareil : s'opposant en virage aux courants
aériens la dérive semblait parfois aggraver
une amorce de vrille. S'il était mobile, se dit
Orville, le pilote pourrait alors l'utiliser comme un
gouvernail de direction, en le déplaçant
pour diminuer la résistance au vent et aider
la planeur à retrouver son équilibre.
Pour éviter la conception d'une autre commande
et compliquer le pilotage, Wilbur proposa de coupler
les câbles du gouvernail de direction avec le
mécanisme de gauchissement.
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Wilbur
décolle avec l'aide de Dan tate et d'Orville
(B. Freudenthal)
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Le
résultat fut formidable ! Grâce au nouveau
gouvernail de direction, l'obstacle du dérapage
sur l'aile était enfin résolu : Wilbur
et orville purent faire une fantastique démonstration
de leurs dons de pilotage sous les yeux admiratifs de
Chanute et de son protégé Herring. Pendant
deux semaines il effectuèrent des centaines de
vols. Les deux frères s'amusèrent à
battre des records de distance sur les plages de Kitty
Hawk. Wilbur réalisa la meilleure performance
avec 190 mètres en 26 secondes. Orville
le suivait de près avec 188 mètres
en 21 secondes !
Les frères Wright avaient abouti à la maîtrise
du vol contrôlé. Il décidèrent
de revenir en 1903 pour réaliser l'exploit : voler
à bord d'un appareil à moteur ! |
Les
frères Wright se heurtèrent à un problème
crucial : il n'existait pas à l'époque de propulseur
adapté à leur machine. Ils avaient opté
pour le moteur à essence avec en espérant qu'ils
puissent en trouver un auprès des nombreux constructeurs
américains. Il n'en fut rien : aucun ne correspondait
aux spécifications requises par les deux frères
et les prix était excessifs.
Wilbur et Orville décidèrent donc de fabriquer
leur propre moteur. Ils se firent assister dans cette tâche
par le mécanicien Charles taylor.Dans l'atelier
des frères Wright, en seulement 6 semaines, Il réalisa
le moteur à 4 cylindres à l'aide d'une simple
perceuse et d'un tour. Le propulseur prêterait à
sourire aujourd'hui avec ses 12 cv pour 63 kg. Mais il était
plus léger et plus puissant que ce que proposaient
les constructeurs américains de l'époque.
Il restait le problème des hélices. leur élaboration
demanda beaucoup d'efforts au frères Wright. Ils mirent
pas moins de 3 mois . En avril 1903, celles-ci étaient
terminée. Chacune des pales, longue de 2,4 mètres
sur 45 cm comprenaient 3 épaisseurs de planches entrecollées,
et mises en forme à le hachette et à la plane.
Ces hélices, élaborées grâce à
des calculs rigoureux seraient finalement positionnées
en arrière de la voilure, ceci afin d'éviter
à l'appareil de subir les turbulences créées
par le mouvement des pales.
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COMPTE
A REBOURS A KITTY HAWK
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Le
2 novembre 1903, Wilbur et Orville Wright sont inquiets.
Samuel Langley, l'un de leur plus redoutable
concurrent dans la course au vol motorisé, va
se lancer prochainement dans une deuxième tentative
avec son "Aérodrome". Après
son échec du 7 octobre, Langley a réussi
à obtenir de nouveaux subsides. Cette nouvelle
va inciter les deux frères de Dayton à
anticiper la réalisation de leur machine volante.
Le 2 novembre, celle-ci est prête mais le "Flyer"
pèse près de 274 kg et son poids est vraiment
trop élevé pour que les aides au sol puissent
la lancer du haut de la dune comme ils en avaient l'habitude.
Un train d'atterrissage ne servirait à rien sur
le sable. Ils décidèrent donc d'installer
la machine sur un patin, glissant sur un rail de
18 mètres et permettant à l'engin de dévaler
la dune. Le 5 novembre, ils font des essais de moteur
au sol.
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C'est
une cruelle désillusion : Le moteur pétarada
et les hélices s'emballèrent, se détachèrent,
endommagent au passage les haubans. Il fallait maintenant
attendre que leur ami, Georges Spratt reviennent avec les
hélices réparées. Wilbur et Orville mirent
à profit ce délais pour se livrer à des
calculs supplémentaires. Ils retendirent le haubanage
de la voilure et firent des essais sur le rail de 18 mètres
avec le planeur de 1902.
Le vendredi 20 novembre, les hélices étaient
réparées. Le 21 novembre, les essais se révèlent
concluants mais le 28, lors d'ultimes essais, quelque chose
d'anormal est décelé au niveau d'un arbre d'hélice.
Une fissure est apparue dans le métal.Il fallait retourner
à Dayton an toute hâte pour faire réaliser
de nouveaux arbres d'hélices plus solides. Les frères
Wright s'inquiétaient aussi de la nouvelle tentative
de Samuel Langley. Ce dernier était effectivement en
train de jouer son "va-tout" en ce 8 décembre
1903. Sa machine volante, l"Aerodrome" était
perchée sur une base flottante de 12 mètres
de haut et devait décoller à l'aide d'une catapulte.
Celle-ci lança la machine à 16h45, et précipita
l"Aerodrome" en direction d'un ciel peu clément.
La machine fit un bond en hauteur avant d'atteindre l'extrémité
du rail ; puis elle se cabra, sa queue se plia et cassa. L'Aerodrome
tomba dans le fleuve "Potomac". le pilote fut sauvé
mais s'en était fini des espoirs de Samuel Langley.
Désormais les frères Wright était seuls
en course !
Beaucoup de journalistes tournèrent le pauvre Samuel
Langley en dérision, ajoutant que l'homme ne pourrait
pas parvenir à voler dans un "plus lourd que l'air".
Les frères Wright allaient leur prouver le contraire...
Dimanche 13 décembre 1903, cinq hommes de la station
de sauvetage de Kitty hawk, viennent aider les frères
Wright à hisser le "Flyer" au sommet de la
Dune "Big Hill". Deux petits garçon étaient
accourus pour contempler l'extraordinaire machine et entendre
le bruit assourdissant du moteur qui annonçait l'instant
crucial ! Les frères Wright tirèrent à
Pile ou face pour décider qui effectuerait le premier
vol. Wilbur gagna et s'installa sur le plan inférieur.
Tandis qu'Orville tenait l'extrémité d'une aile,
Wilbur lâcha le câble de retenue et le "Flyer"
s'élança sans effort. Tous les regards se portèrent
vers la machine lorsque celle-ci quitta la piste à
1 ou 2 mètres de l'extrémité du rail
! Orville déclencha son chronomètre. L'appareil
s'éleva brusquement à une hauteur de presque
5 mètres. L'avant était trop redressé.
Wilbur qui ignorait comment réagissaient les commandes
de profondeur, était monté trop brusquement.
La perte de vitesse était inévitable ; 3 seconde
et demi plus tard, le "Flyer" atterrît rudement,
labourant le sol à 32 mètres de son point de
décollage. Malgré cette mésaventure,
les frères ne se montrèrent nullement abattus.
Wilbur écrivit ce soir là :
"Le décollage s'est révélé
un jeu d'enfant... La puissance est largement suffisante,
et à part une légère erreur, due à
notre inexpérience de cet appareil et de son mode de
lancement, la machine aurait du voler magnifiquement. Il ne
fait maintenant aucun doute que nous réussiront".
Nous
sommes le jeudi 17 décembre 1903. Le vent est assez
fort, les circonstances peu favorables et les flaques
ont gelées. De bon matin, Orville et Wilbur sortent
la machine du hangar et à 10h30 ils ont installé
le rail de lancement. 5 observateurs arrivent de la station
de sauvetage. Les deux frères sont vêtus
de leur habituel bleu de travail, casquettes à
visières et col blanc empesé. Un photographe
prends place 15 mètres en arrière du rail,
non loin du hangar, prêt à immortaliser ce
moment. Les deux frères discutent quelques minutes
puis se serrent la main, un peu comme si ils n'allaient
peu être plus se revoir... Le moteur pétarade
dans l'air glacial... Orville se dirige vers la machine
et se glisse à la place du pilote. Les hommes de
la station de sauvetage encouragent les deux frères
par des acclamations et des applaudissements. |
17
décembre 1903 - 10h35 à kitty Hawk - Le
"Flyer" s'élance vers le ciel. Cette
peinture de B. Freudenthal est une interprétation
très" libre" de la réalité
historique.
Existe en
poster 80 x 60 cm
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Orville
libère le câble de retenue et la machine s'élance
doucement face à un vent de 43 km/h. Wilbur arrive
sans peine à courir à côté de l'appareil
en maintenant le bout de l'aile droite. A environ 15 km/h
le "Flyer" quitte le sol à 6 mètres
de la fin de la piste. Orville manoeuvra le gouvernail de
profondeur et l'appareil fit un brusque bond en l'air de 3
mètres, piqua du nez, monta à nouveau, puis
atterrît à une trentaine de mètres de
l'extrémité du rail. En 12 secondes, la machine
avait parcouru modestement 36,50 mètres entraînant
derrière elle la cohorte des observateurs enthousiastes.
Cela semblait modeste en comparaison des vols planés
de 200 mètres que les deux frères avaient déjà
réalisés sur le planeur mais c'était
la première fois dans l'histoire de l'humanité
qu'une machine propulsée et pilotée s'arrachait
du sol et parvenait à atterrir en douceur.
Cet exploit, les frères Wright le rééditèrent
4 fois ce matin du 17 décembre 1903. Finalement
Wilbur parvint à parcourir 259,68 en l'espace de
59 secondes !
Durant les deux années suivantes, les frères
Wright perfectionnèrent leur machine. En 1904, Wilbur
réalisa le premier vol en circuit fermé jamais
réalisé par une machine volante couvrant la
distance de 1200 mètres.
En octobre 1905, il réalisèrent le vol le
plus long de l'année avec 38,9 km parcourus en 38 minutes,
et qui ne s'acheva qu'à cause d'une panne d'essence.
En Europe, en 1906 seulement, Santos Dumont réalisait
le premier vol motorisé ! Il faut attendre 1908 pour
que le français Gabriel Voisin parvienne à parcourir
un kilomètre...
Ces seuls chiffres suffisent à démontrer l'avance
considérable que les frères Wright avaient sur
leur contemporains. Ils sont en outres les premiers instructeurs
pilotes de l'histoire en ouvrant une école de pilotage
à Pau, en France. L'un de leur élèves
sera un certain Louis Blériot...
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Que
de chemin parcouru depuis Kitty Hawk ! Aujourd'hui les
hommes voyagent dans le ciel d'un point à l'autre
la terre en toute sécurité, les hommes
ont marché sur le lune et le Concorde vient de
cesser de voler après 27 années de vols
transcontinentaux à la vitesse stupéfiante
de Mach 2.
N'oublions pas que tout a commencé il y a un
siècle avec les frères Wright,
Octave Chanute, George Spratt et autres inventeurs
de génie, inspirés par des prédécesseurs
illustres comme Otto Lillienthal.
Le "Flyer", aboutissement de 10 années
d'efforts, synthèses de toutes les connaissances
humaines sur le vol, décollait, à le vitesse
de 15 km/h...
C'était
le 17 décembre 1903, à Kitty Hawk.
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